A PROPOS DE LA GUERRE HISPA~O-Ai!ÉRICAINE 6r I tinues du socialisme révolutionnaire, nous a repousses fort loin en arrière, au temps oi.1Metternich régentait la, Sainte-Alliance. L'orientation continentale, qui s'est affirmée si nettement déjà lors des soulèvements arméniens et crétois, s'est précisée avec une brutalité nouvelle. Elle se caractérise par ces seuls mots : pas de n'.:Yolutions. Les classes dirigeantes du Yieux monde confondent dans une même réprobation socialisme et soulèvements nationaux. C'est à peu pré~ la formule des congrès de Carlsbad, de Troppau, de Laybach et de Vérone, avec la seule différence que socialisme a remplacé libéralisme. La république des États-Unis ne pouvait gagner les faveurs de cette Europe ou l'horreur des nouveautés est devenue presque un ciment international. Les six grandes puissances sont d'ailleurs monarchistes, -l'Angleterre, l'Allemagne, la Russie, l'Italie ~t l'AutricheHongrie, parce qu'elles sont gouvernées par des princes, - la France parce qu'elle a abdiqué et qu'elle est depuis Cronstadt et Toulon l'humble vassale de Pétersbourg. M. Hanotaux s'écrierait volontiers, rééditant un mot fameux : La liberté n'est pas article d'exportation. Cela contrasterait légèrement avec la proposition conventionnelle qu'acclamaient Montagnards et Girondins, la guerre aux rois, mais entre tant de reniements qu'importent un ou deux de plus? Les six grandes puissances sont aussi ennemies de tout plébiscite national, qu'il s'affirme sous forme de consultation populaire ou de soulèvement. C'est que les unes et les autres, soit polir elles-mêmes, soit pour d'excellents alliés, redoutent fort ce mode de constitution d'un État libre. Cuba aurait beau demander aujourd'hui aux chancelleries, érigées en tribunal suprême, de scrutiner sur sa destinée. On lui refuserait l'autorisation comme on l'a refusée à la Crète. Pourquoi en effet n'accorderait-on pas même faculté à l'Irlande, à l'Alsace-Lorraine, au Slesvig-Holstein, an Trentin, à Trieste, à la Pologne, etc. Aussi bien le gouvernement britannique, en apparence favorable aux États-Unis, n'ira pas loin dans ses démonstrastions. Que dirait la reine si la verte Érin imitait la perle des Antilles et si la vieille·souche celtique essayait de jeter à la mer le landlordisme anglo-saxon ? Les publicistes qui s'inspirent aux ambassades d'Espagne ont trouvé d'admirables arguments pour flétrir la politique américiane et justifier la servitude cubaine. Ils ont pu sans sourire, et avec une abondance de termes et une verve qui désarment, invoqure a l'appui de leurs préférences deux notions d'ailleurs très inégalement respectables : le principe des nationalités et le principe de non intervention. On se demande comment la théorie des nationalités peut surgir en cette affaire pour couvrir la tactique rétrograde de la Péninsule. Les esprits fort experts ont découvert que Cuba était attachée par tou
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