BAKOUNINE E~ ITALIE EX 1864 597 ous partîmes ensemble pour aller chez Bakounine, qui nous attendait. Nous le trouvâmes assis devant sa table de travail, sur laquelle étaient étalés des papiers timbrés avec armoiries et sceaux. On avait frété, disait-il, un vapeur rapide qui devait sous peu mouiller à Messine. En cours de route, il devait toucher a Marseille, oii il embarquerait un équipage prêt à partir et une petite troupe de débarquement destinée à opérer sur les bords de la mer Noire. Bakounine affirmait que l'on avait aussi en résen·e des armes et toutes les munitions nécessaires. Cette troupe, ajouta-t-il, ne devait nullement être considérée comme l'effectif principal de l'expédition projetée. Elle avait simplement pour objectif de faciliter, hors de la frontit'.:re russo-austro-prussicnne, les relations entre les insurgés et les comités polonais de l'étranger. Karp, avec son Yapeur, croiserait sur la Mediterranée, à proximité de la Sicile et du détroit de Saint-Boniface, à l'affût du passage d'un navire russe quelconque. Aussitôt celui-ci en vue, il hisserait le pavillon polonais, attaquerait ce navire, s'en emparerait, et ainsi se trouverait constitué le premier noyau de la flottille insurrectionnelle. A cet effet, il était nécessaire que Garibaldi lui indiquât des marins experts et audacieux. En outre, soit dans l'tle de Caprera ou sur tout autre point convenant mieux, on organiserait un dépôt d'armes, et cc point serait le centre des opérations des croiseurs polonais ... Et tout en exposant ces projets, on se livrait à une émunération de faits et de gros chiffres. Le vapeur à la disposition des Polonais, insistait-il, avait déjà passé Gibraltar et, s'il n'était pas encore arrivé 1 Marseille, il ne tarderait pas à l'atteindre. Bakounine n'admettait aucun doute de ma part sur l'existence de cet équipage et des armes nécessaires à l'entreprise projetée; il affirmait qu'il possédait des documents authentiques qui prouvaient la véracité de tout ce que je venais d'entendre. Quant à Karp lui-même, je ne doutais nullement de sa bonne foi ni de sa volonté de mener cette affaire à bonne fin, bien que je n'eusse pour cela d'autre garant _que sa figure ouverte et loyale. 1 - Il est fâcheux qu'on ne puisse présenter cette affaire à Garibaldi d'une façon plus sérieuse, répondis-je aux assertions de Bakounine. Il est p"robable que le général se montrera quelque peu sceptique a des ouvertu,es que je serai impuissant à appuyer de quelque maniére que ce soit. - Vous ne voulez donc plus aller chez lui? - Je ne dis pas non, attendu que je n'ai pas pris l'engagement de ne me mêler qu'aux affaires solidement organisées à premiére vue. - Et c'est pourquoi je vous airùe bien. Seulement, il faut que vous partiez à l'aube du jour. Mais, ce qu'il y a de plus important , .,,..,. I
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