La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

ASSURANCES MUNICIPALES 543 il n'y :lllrait aucun aléa à :ibaisser d'un tiers les primes habituellement payees. En effet, les frais généraux des compagnies, y compris la solde Jes commissions des courtiers, <l<:vorent à peu près le tiers du montant global des primes encaissées. Or nous avons vu que les frais généraux seraient presque négligeables. De plus, l'office communal n'aurait pas d'actionnaires à gorger de divitkndes ni de directeurs à enrichir, ni d'hôtels et chf1teaux à acheter. Je sais bien que dividendes, rentes solides, hôtels et châteaux, et aussi la progression du capital constitutif toujours au moins décuplé, proviennent surtout des affaires financières et jeux de bourse, des achats de terrains et de maisons de rapport, bref, de toutes sortes de spéculations mobilières et immobilicres. Mais cette superposition de richesses acquises par l'habile fructification des primes n'ést pas seulement entretenue par le jeu et le sayoir-faire et les intérêts et loyers; la croissance de cette stratification capitaliste continue à être alimentée par les alluvions sans cesse apportées grâce à la majoration des primes exigées de la clientèle. Les cotisations payées par les personnes assurées aux caisses départementales des Ardennes, de la Meuse et de la Marne sont inférieures de 33 à 50 °/ o au montant des primes actuellement exigées par les compagnies d'assurances. Il n'y aurait donc aucune témérité à offrir au public des tarifs réduits d'un tiers. Et ces tarifs de~raient être moins multiformes. Point n'est besoin d'imiter le· labyrinthe de détails et de sous-détails dirns lequel les compagnies arrivent à perdre l'enquêteur. Certes, la même somme assurce en cas de sinistre le sera à un taux différent selon les élcments de la construction, la nature de l'habitation, le genre d'industrie ou de commerce et les espèces de matières assurées. Peut-être pourra-t-on conserver le système des compagnies : cieux classes et quatre sortes de risques. Néanmoins la si;nplification du dédale des primes à demander s'impose, même si l'on défère au vœu de M. Blachette qui est de proportionner les cotes, non seulement au risque de la matière assurée, mais encore au loyer de l'assuré. Nous estimons qu'il est possible d'établir un petit nombre de tarifs s'appliquant chacun à un ensemble de choses assurables, aujourd'hui frappées de primes variant à l'infini, sans qu'on sache pourquoi tel objet est réputé plus explosible ou plus conducteur de feu que tel autre. * * * Disparaîtront aussi dés polices municipales les réserves excessives des compagnies et l'accumulation des dissim~lations de restrictions au

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