REVUE DES REVUES sciences? Pas du tout, rèpon<l-il avec raison : « C'est justement parce que tout, dans le monde des faits, va du petit au grand, que, dans le monde des idées, miroir du premier, tout va du grand au petit et, par les progrès de l'analyse, n'atteint qu'en dernier lieu les faits élémentaires, véritablement explicatifs ». Et par cette très belle image, qui emprunte sa beauté à sa réalité saisissante, M. Tarde se libcre heureusement du dilemme où il crut un instant sa pensée prisonnière : Nous n'aurons pas à choisir entre la lutte interne et la guerre extérieure, et il peut avouer son rêve de la paix perpétuelle. Et absolue, pourrait-il ajouter, bien que, « alors même que la guerre aura pris fin, toute lutte douloureuse entre les hommes n'aura . point disparu ». Mais ce qu'il dit de la concurrence politique peut être appliqué à« l'opposition sociale d'ordre économique ». Ici une étude des antagonismes locaux et particuliers s'exprimant et se résolvant en une concurrence par cercles concentriques qui vont s'élargissant. Mais ces cercles se forment par monopole et non par association. « Soit, répond M. Tarde, mais le monopole n'est qu'une des deux solutions que le problème de la concurrence comporte, de même que l'unité impériale n'est qu'une des deux solutions du problème de la guerre .... La guerre, il est vrai, ne traverse la paix que pour renaître de la paix et sur une plus grande échelle, et, de même la concurrence ne s'apaise momentanément dans l'association que pour renaître de l'association même sous la forme de rivalites entre associations, entre corporations, entre syndicats, et ainsi de suite, mais on arrive ainsi, finalement, à des associations géantes qui, ne pouvant plus grandir, ne pourront, après s'être combattues, que s'associer.» M. Tarde déclare qu'il envisage cette fin « en dehors de tout parti-pris collectiviste ou autre ». La précaution était inutile : la fin, c'est-à-dire la résolution des antagonismes en association unique n'est pas autre chose que le collectivisme. M. Tarde passe à « une troisième grande forme de la lutte sociale : la discussion ii, qui est « impliquée dans les précédentes », la guerre, la concurrence, étant des cc discussions en actes », les uns meurtriers », les autres « ruineux ». La discussion, par les progrès de la connaissance, se résout en unanimité sur les po_ints définitivement acquis. Il est évident qu'on ne discute plus sur l'attraction. Mais à mesure que nos connaissances positives s'étendent et conquièrent l'unanimité, elles font naître des hypothèses et des interprétations sans nombre, élargissant ainsi sans cesse le champ de la discussion. Oui, mais M. Tarde nous fait remarquer « que, en pays civilisé, les discussions publiques l'emportent beaucoup en importanc~, en intérêt poignant, en vivacité même, sur les discussions privées, et que c'est l'inverse en pays barbare ». Là encore, on va du petit au grand; la
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