La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE et éclaire ses statistiques par des professions de foi : « Une municipalité moderne est en même temps un État en miniature, un petit corps politique - et une grande corporation, une grande coopération d'affaires. On ne peut exagérer ses fonctions en matiére d'affaires, on ne peut trop les réduire en fait de gouvernement. » Ni abstentionniste, ni intrus, .voilà ce que doit être un vrai municipe. Il semblerait, d'après cette déclaration de principes, que les municipalités restreignent leur sphère d'action. Mais suivez l'auteur: ce qu'il appelle « matière d'affaires » détend à vue d'œil. C'est plaisir d'assister au « développement des industries municipales >i. L'auteur répudie toute tendance socialiste et insiste sur « les distinctions à faire parmi les industries »; celles qui peuvent être socialisées (Etat ou municipe), celles qui sont réfractaires à l'opération. Or ces dernières sont, en somri1e, simplement discutables (on debatableground). « Les industries municipales dans les grandes cités >i, Paris, Berlin, Londres, Birmingham, Douvres, Manchester, Liverpool, New-York, Philadelphie, Chicago, Boston, Toronto, n'ont fait que grandir chaque jour et s'annexer pacifiquement de nouvelles provinces économiques. Aussi dans son chapitre« le système préférable >), l'auteur, quoique hostile au socialisme, aboutit à un programme de municipalisation que signerait volontiers tout socialiste - en France du moins - programme minimum. « Les objections des économistes à la municipalisation » sont sévèrement passés en revue. Sans doute, les frais des travaux publics sont plus considérables que ceux des entreprises privées, c'est un fait acquis. Mais on oublie qu'en Amérique l'« industrie municipalisée >J est sous la pression constante de la politique, on l'a vu aux récentes élections. « Les objections politiques à la municipalisation >i, voilà donc, en dernière analyse, les plus forts arguments. Si les travaux publics sont plus dispendieux, c'est que la conception politique s'en mêle et qu'on ne paie pas seulement des cerveaux ou des bras ·d'hommes, mais des votes par dessus le marché. On conçoit que cela revienne plus cher. L'auteur a débuté par une déclaration antisocialiste, il termine par une conclusion antisocialiste : « Démocratie et socialisme sont diamétralement opposés ». Mais, je le répète, la pétition qu'il fait en faveur d'un progrès nouveau dans la municipalisation d'un grand nombre d'industries, beaucoup de gens qui ne partagent pas le culte de l'auteur pour l'énergie individuelle et le laissez-faire, seraient heureux de la signer. • « Éclairage municipal », par J .-R. Commons, est le développement de cette proposition : la propriété privée engendre fatalement la corruption. C'est à l'aide de statistiques détaillées que cette proposition est prouvée. La conclusion est qu'il faut lutter contre les monopolistes jusqu'à ce qu'on les ait délogés de leurs positions. L'expérience des

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