MOUVEMENTS SOCIAUX Dl ITALIE Sicile, mais ils n'en furent pas moins caractéristiques; les derniers ont quelque analogie avec les troubles de Sicile, les causes qui les déterminérent sont semblables. A Alban'o, Colonna, Ariccia, Marino, Monte Compatri, Monteporzio Catone, Nemi, Frascati, eurent lieu des manifestations p'!us ou moins graves, des incendies, des pillages, des dévastations, quoique en moindre proportion et dans des mesures diverses suivant les divers pays; mais les morts manquérent, il n'y eut même que peu de blessés. Cela parce que les autorités appelées sur les lieux -cas fort rare-se montrérent prudentes, courtoises, douées d'un certain degré d'humanité. Malgré tout, certains accusateurs intéressés ont voulu attribuer les troubles aux meneurs, aux « sobillatori », comme on les nomme, plus simplement aux républicains et aux socialistes; pourtant l'évidence s'impose, et ils ont été contraints de reconnaître que ces paysans et ces petits propriétaires qui demandaient tumultueusement cc du pain et du travail » et qui criaient: cc Nous voulons la terre!>> étaient mus surtout par leurs souffrances économiques, souffrances aiguisées en maint endroit par des spoliations subites impunies et 111ê:11perotégées du gouvernement. L'agitation était due si peu a des mouvements politiques que les paysans de Monte Compatri présentérent, sous la forme la plus humble, une pétition à l'inspecteur de la sûreté publique Bonerba; cette pétition mérite d'être connue in extenso, parce qu'elle met en lumiére la candeur de ceux qui la formulérent (r). Les républicains et les socialistes ont si peu de chose à voir clans les agitations du Latium que M. Lodi, le plus sinccre et le plus avisé des journalistes de Rome, répondait dans le Don Cbisciotte à un député du Latium qui voulait voir le sceau des << sobillatori >>clans les tumultes: << Il est inexact que les démonstrations agraires d'aujourd'hui soient (1) J'av.crtis qu'elle perd beaucoup à la traduction. La voici donc dans le texte même : " Le peuple de Monte Compatri exprime à V. S. Illma : " Comme sans étonnement s'est vu, deux années en ça, Je grand besoin de ce peuple, :i cause des grandes calamités advenues dans nos vignes, c'est à savoir : le mildew et la grêle. Pour ce, éperonnés par ce très pressant besoin, avons décidé de demander une nouvelle terre à Notre très Illustre Prince par le moyen d'une pétition présentée au Municipe, parce qu'il s'est préoccupé auprès du Prince à notre bénéfice, tandis que nos supérieurs ne se sont point intéressés à Jeurs sujets. " Ayant donc connu cela, nous avons décidé de l'amener, dans la présente, puisqu'il pense la justice, à la faire obtenir. " Maintenant, lui ayant proposé de s'occuper a notre avantage, ce qui lui vaudra notre plus grande reconnaissance, nous le prions infiniment qu'II nous procure le plus qu'Il peut, méritant toujours plus notre estime, parce que, comme il a été souvent indiqué, nous n'avons. aucun supérieur qui se présente et qui s'occupe à notre arnntage, sinon Lui. • Dans l'espérance qu'une telle demande sera favorablement accueillie, le peuple de Monte Compatri lui envoie d'avance ses remerciements. »
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==