LA REVUE SOCIALISTE Testament du dix-neuviè111e Siècle La Scienceau dix-neuvieme Siecle La grande conception scientifique qui caractérise le dix-huitième siècle est la conception newtonienne de l'alfractio11 et, par voie de géniale conséquence mécanique, étant accordée une impulsion initiale -la chiquenaude-, de la gravitatio11. La conception scientifique qui caractérise notre dix-neuvième siècle, empruntée, non plus aux sciences physiques, mais ,lux sciences naturelles, est celle de l'évolution. Ce n'est pas qu'il n'y ait à répéter pour cette conception ce que nous ayons eu à dire a propos de celles exposées précédemment : que le germe c:n est déjà, clairement indiqué, dans diverses productions de cc dix-huitième siècle, presque en tout nQ.tre initiateur, que nous continuons sur le terrain de l'application, l'élargissant par là bien plus que nous ne le rcnom·clons spéculatiycment. Mais c'est dans le présent siècle seulement qu'elle a conquis la puissance de direction des idées qui lui a assuré l'importance et le rôle d'une véritable philosophie. Ainsi que Berthcl~t l'a écrit excellemment dans sa réponse à la lettre de Renan, une philosophie n'est et ne peut être que le reflet du degré de développement scientifique d'un temps. C'est à cc titre que nous avons le droit de revendiquer plus spécialement la théorie de l'évolution en tant que caractéristique de la période qui est nôtre. D'autant plus que l'attraction, la gravitation, prcscntent l'ordre d'idées qui a exercé l'influence la plus typique sur l'étape intcllcctuellc de l'esprit humain étiquetée dix-huitiemc siècle. Nous ne nous emparons que de ce qui n'a pas été r,~vendiqué avant nous et que de ce que notre appropriation rend notre bien légitime autant qu'incontesté. Néanmoins, redisons-le, il n'est que juste de rappeler ce que nous avons déjà constaté dans le chapitre consacré à La Pbilosopbie sociale au dix-11euviè111e siècle, que Diderot est ici, comme en tant d'autres
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