LE PARTAGE DE LA CHINE nets successifs ont imposé à notre pays, à la remorque des czars, en Extrême-Orient, comme partout. Aujourd'hui encore, nous arrivons bons derniers à Pékin, et comme contraints par une force extérieure, pour soutenir l'action du comte Mouravief. Il y a là un trait de notre politique étrangére que nous ne prendrons pas la peine de relever une fois de plus: ce serait tout le proccs de nos relations avec la Russie qu'il serait nécessaire de rouvrir. * * * Chercher les eau ses profondes de l'expansion européenne en Asie n'est pas davantage du cadre de ce court article. La poussée blanche dans les contrées de race jaune procède du, ou plutôt des mêmes prin-- cipes, que la spoliation des nègres, que l'occupation contemporaine d<t l'Afrique. Elle tient étroitement à l'organisation capitaliste qui s'est épandue sur tout notre continent et sur le continent américain, et qui incite à cette heure les Yankees, comme les Anglais et les Allemands, à saisir des débouchés pour écouler leur surproduction. On nous déniera peut-être, dans certains milieux, où la lettre diplomatique est tout, où l'on se refuse à lire l'esprit des faits, le _droit de parler du partage de la Chine. Certes, aucun pavillon de guerre européen ne flotte encore sur Pékin, sur Hang-Kéou, sur Nang-Kin. Le Céleste Empire conserve en apparence son autonomie. Ses vice-rois, ses mandarins aux multiples boutons continueront à obéir, ou à désobéir aux ordres venus de la Cour. La façade de l'organisation du Kuang-Si, de la Mandchourie, ou du Liao-Toung restera immuable. Mais qui oserait soutenir sérieusement que l'indépendance de la Chine n'est pas menacée, que les positions des puissances ne sont pas prises, que la terre des jaunes n'est pas vouée à un prochain morcellement? Pour qui se souvient de la procédure adoptée par les Européens en Afrique, surtout dans le Hinterland de la Guinée, la carte de !'Extrême-Orient est appelée a subir avant peu de profonds changements. Les arguties de protocole des Hanotaux, des Bulow, des Mouravief n'abuseront personne. Lorsque les diplomates prétendent défendre l'intégrité d'un État, c'est qu'elle est aux trois quarts entamée. * * * Depuis vingt ans on nous entretient c_ommunément du péri 1 jaune. On nous montre la .Chine se hérissant de baïonnettes et de canons, les cavaliers mandchoux se précipitant comme les Tatars de la Horde d'Or vers la malheureuse Europe. On avouera qu'on ne sau-
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