• LA REVUE SOCIALISTE surtout contre son parti. Les anarchistes et les républicains bourgeois unis organisent, par exemple, a La Corogne·, un immense meeting où Iglésias et ses partisans sont traités de façon odieuse, mais lui ne s'en soucie aucunement. Il poursuit sa campagne et se rend, en octobre 1895, à Malaga où les ounicrs sont en lutte contre la tyrannie du capitaliste marquis de Larios. Il est arrêté, maltraité comme un criminel et condamné à quatre mois de « détention supérieure». Mais, contre tous accidents de cc genre, Iglésias est bien armé : il sait souffrir pour ses idées. Et voilà qu'au sortir de prison il recommence sa lutte. Aux derniercs élections h:gislatiYes il est candidat à Bilbao et l'aurait certainement emporté, si les Barthou d'Espagne avaient moins frelate le scrutin. Derniércment il soutenait aux élections municipales complémentaires de Mataro la liste ouvrière qui triompha. Mais aux élus socialistes la porte de l'hôtel de ville est fermée. On envoie une délégation pour protester contre cet acte arbitraire à CanoYas qui, selon son habituelle insolence, declarc ne pas Youloir se commettre avec des gens tels que les socialistes. Cela n'a pas empêché Iglésias, dans un article que traduisait et reproduisait la PelileRépublique, de déclarer hautement que l'assassinat du premier ministre espagnol était blâmable. A cc propos, Iglésias ajoutait avec raison : « Nous condamnons ce crime comme tous les autres, pour cette seule raison que c'est un crime. Nous ne nous attaquons pas aux hommes mais seulement aux institutions, - nous l'avons plus d'une fois répété, - et celles-ci ne se détruisent pas par la disparition de quelques-individus. Pour penser ainsi, nous avons, outre la raison d'humanité qui est au-dessus de toutes, cette raison d'ordre politique de savoir, par douloureuse expérience, qu'a chaque attentat succe<le une période de réaction qui se traduit par une diminution des libertés, déja si diminuées pourtant, dont jouissent les traYailleurs, et nous aYons besoin, comme nos poumons, d'air, de liberté pour propager nos théories. » Ce qui n'empêche pas Iglésias et les socialistes <l'être, à l'heure actuelle, étroitement surveillés et calomniés ... IV Comme tous les hommes supérieurs, Iglcsias a sa personnalité propre qui est une admirable rigidité de caractère. Il a cette unique passion, qui remplit !oute sa vie, de contribuer de toutes ses forces a l'œuvre de rachat des opprimés et à l'émancipation de la classe ouvriére.
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