La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

• NOTES SUR PABLO lGLÉSlAS 35 sortie de prison, le 2 mai 1879, il organise un banquet mémorable à la suite duquel ·est fondé le premier groupe du parti socialiste espagnol. Désormais la vie d'Iglésias est, pour ainsi dire, celle de son parti. Comme l'Espagne venait d'être troublée par différentes réYoltes et qu'on était en pleine période réactionnaire, Iglésias et ses amis sont obligés de se réunir en assemblées secrétes pour discuter et approuver le programme et le réglement qu'il avait élaborés. Encore une fois les socialistes espagnols virent se dresser contre eux les anarchistes dont les aùaq ues, heureusement, demeurerent sans effet. Le 21 septembre 1881, un Congres ouvrier avait été ouvert à Barcelone. Pablo Iglésias 's'y rend avec quelques amis. Là il se trouve en présence d'anarchistes qui n'ont rien de plus pressé que de l'expulser. En réponse à ce grossier piege, au mois d'août de l'année suivante et à Barcelone même, est organisé un Congres véritablement socialiste oü Pablo Iglésias représente les groupes de Madrid. Cette fois, les anarchistes ne forment qu'une minorité composée de neuf membres. C'est là que furent adoptes le programme et le réglernent du parti. En 1886, Iglésias propage nos théories dans toute la Catalogne, principalement à _Mataro, depuis de\'enu une des places fortes du socialisme et oü il a une brillante polémique à soutenir contre le chef du parti fédéraliste, le docteur Franquesa. Ce fut le 12 mars de la même année que parut à Madrid l'organe central du parti El Socialista dont Ig!ésias fut et demeure encore le directeur. Ce dernier profite de !'Exposition universelle de 1888, à Barcelone, pour organiser dans cette ville le premier Co11grès11ntio11ndln Parti ouvrier espagnol. Ce Congres coïncide avec celui de l'U11iongé11érnledes Travailleurs qui comprend tous les syndicats de la péninsule et qui a pour secrétaire un des plus actifs et dévoués militants socialistes Antonio Garcia Quéjido, - celui qui avec Iglésias représenta l'Espagne au Congres international de Londres. III Et depuis il a fait des centaines et des centaines de réunions ou conférences. A Madrid, Mataro, Bilbao, Eibar, San-Sébastien, Santander, partout, infatigablement, il porte_la parole socialiste. Il est en débat contradictoire avec conservateurs ou républicains bourgeois, avec les fédéralistes coinme M. Coll y Puig, avec les économistes comme le docteur Escuder. S'il -voyage à l'étranger, c'est pour représenter son pays aux Congres internationaux de Paris, de Bruxelles, de Zurich et de Londres. Puis, comme animé d'une nouvelle ardeur, il recommence la propagande à travers son pays. Tant d'activité suscite des haines, non seulement contre lui, mais

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