LA REVUE SOCIALISTE établissement en Guinée o·u au Sou<lan. L'Allemagne, frémissante <le la fiévre d'expansion, est tar<l venue dans l'histoire des conquêtes exotiques. La Russie n'avait qu'i se liYrer à sa pente pour se déverser sur !'Extrême-Orient. Le Japon était trop prés <le Pékin po1,1r ne pas en· convoiter la tra<litionnclle influence .... Nous n'en sommes pas encore à la distribution définitive de l'Empire du Milieu. Le sta<le des occupations effectives n'y est pas encore ouvert comme dans les sultanats du lac Tchad. - C'est sur le papier aujourd'hui - et avec beaucoup <le delicatessc, qu'on procéde aux préliminaires <lu morcellement. Mais dans les seules ambitions qui se sont accusées, dans les visées quc depuis trente-six mois les chancelleries <l'Europe ont laissé percer, on saisit le germe d'une rcvolution d'une incomparable portée. Il nous conYicnt dés à présent de fixer les traits essentiels de cc futur boulncrsement. Il n'intéresse pas uniquement l'histoire diplomatique, les annales de gloire de tel ou tel État; il touche à l'économie, à la structure sociale de l'humanité tout cntiérc. Il est trop gros d'é\'cntualités, en son processus logique, pour qu'on n'essaie pas d'en prévoir et d'en préciser les suites diverses. Cc que nous pourrons dire <le la pénétration européenne en Chine s'appliquerait sans doute aussi à l'immixtion de la race blanche au Soudan, au Congo, ou ailleurs. Mais comme les conditions de peuplement du Céleste Empire sont trés spéciales, comme il est déjù à bien des égards organisé, qu'il est apte ,i devenir une des plus grandes officines <le production et d\'.!changc de notre globe, et que la race jaune l'emporte de beaucoup en puissance et en fé..:ondité de travail sur la race noire, cc pays sollicite, plus que toute autre contrée cn\·ahic, les conclusions, les déductions du socialisme. * * * li a fallu que la conquête <lumonde fùt à peu près achevée, qu'il n'y cùt plus rien à prendre ni en Afrique, ni en Amérique, ni dans les archipels Océaniques pour qu'on entamât la Chine. A première vue, le phénornéne peut étonner. Cet empire était connu bien avant que Christophe Colomb en eût fait la découverte, ou que les Hollandais se fussent établis dans l'lnsulinde. Ses relations avec l'Occident remontent au Moyen-Age. Il offrait d'autant plus d'attraits que sa culture était plus avancée. C'est justement cc développement d'une civilisation brillante qui a écarté jusqu'à cette heure les assauts <lespuissances européennes. On a cru la Chine plus forte, plus organisée, plus centralisée qu'elle n'était en réalité. On a prêté à sa constitution interne, à son administration, des mérites imaginaires. Et puis le mystére de ses masses grouillantes, de ses grandes cités, de ses fleuves charriant la vie, a
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