La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

LE PARTAGE DE LA CHINE LE PARTAGE DE LA CHINE L'Extrêmc-Oricnt as1at1que concentre à cette heure l'attention des peuples européens. La question Chinoise prime en importance la question des Balkans, celle de Crète, celle d'Arménie récemment dressées - et une fois de plus - devant la civilis:nion occidentale par les sauvages tueries qui ont signalé le regne d'Abdul-Hamid, le « Grand Saigneur ». Les sinuosités du Pacifique septentrional entre !Gao- Tchéou et Port-Arthur ont pris dans la géographie diplomatique plus de relief que les fameux Détroits eux-mêmes. L'homme malade de Pékin compte plus de médecins à son chevet que le moribond de Constantinople, d'ailleurs rendu à la santé par un traitement germanique d'une incontestable efficacité. Les escadres anglaise, française, russe, allemande, japonaise, croisent, s'entrelacent, s'épient jalousement sur le littoral du Céleste Empire : les cabinets de Londres, de Paris, de Pétersbourg, de Berlin, de Tokio assiégent le Tsong Li Yamen de revendications, colorent de mille prétextes, habillent de cent euphcmismes protocolaires leurs empiétements matériels et moraux sur le Yang-Tsé, en Mandchourie, dans le Yunnan, etc.,.etc. Froidement, ils tirent des lignes à travers les États de Kuang-Si .... Le partage de la Chine est commencé. Ce sera là le phénoméne capital de ces derniéres années <lu dixneuviéme siécle - si l'on s'attache à un certain ordre de faits. Le continent noir déchiqueté, les puissances s'épandent sur l'Asie mongole. Elles n'ont pas encore liquidé les litiges récents qui ont surgi d'un bout à l'autre de l'Afrique, de la boucle du Niger au Bahr-elGhazal, du Transvaal au Ganda - et déjà elles plantent leurs jalons sur la région comprise entre le Turkestaq et le Pacifique et qui englobe plus de 400 millions· d'êtres humains. Il faut ajouter tout de suite que l'Asie est la consolation des États dont l'Afrique n'a pas exaucé tous les vœux, ou dont la situation ne comportait guère un

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