LA REVUE SOCIALISTE REVUE DES· LIVRES G. de MouNARI. - Grandeur et Décadence de la guerre, I vol. in-18 carré. - Guillaumin ,· 1, M. de Molinari n'est pas un économiste - c'est l'Éconowiste; je veux dire par là le représentant logique, inflexible, du libéralisme économique, poussé jusqu'à ses extrêmes conséquences·, professé avec une énergie de conviction et une rigueur de pensée que rien n'arrête. Il a publié plus de vingt volumes de théorie et de discussion critiques, abordé dans leur ensemble èt les détails tous les problèmes sociaux de notre temps et à travers la bibliothèque qu'il a écrite, le même fil conducteur, une unité de doctrine impec-' cable, se retrouve. Il ne l'abandonne jamz.is. C'est une qualité cela et je la signale, parce qu'elle contraste a\'ec les accommodements par lesquels les' économistes de profession ont toujours trouvé moyen de mettre d'accord leurs principes et les dérogations nécessitées. par des exigences extérieures inéluctables. M. de Molinari, lui,. ne transige pas. Ainsi, dans son dernier livre, il retrace à sa façon l'évolution de la guerre, moyen de sélection· d'abord, puisqu'elle permet aux races les mieux douées d'exterminer ou d'asservir les races inférieures; a l'époque moderne, la guerre n'a pas changé, de but, mais l'excellence de ses résultats a disparu. C'est toujours la déprédation d't~n clan, d'une race ou d'un gouvernement qui s'exerce, mais au détriment des organisations humaines qu'elles sacrifient a leurs intérêts. en antagonisme avec ceux de la collectivité. Pour M. dt.:Molinari, l'intérêt individuel, -le profit est en effet à la base de toute action politique, économique ou· morale. Ainsi aujourd'hui, la paix du monde n'est menacée que par les gouvernements et les états-majors partisans de la guerre. Ces derniers surtout qui y poussent de toutes leurs forces, parce qu'ils y trouveraient avantages et bénéfices immédiats : une solde plus considérable, des chances d'avancement, plus rapide, voire .même un butin qui n'est pas à dédaigner aussi bien dans les guerres actuelles que dans celles d'autrefois. Bref, l'héroïsme militaire, la patrie, l'honneur' du drapeau, M. de Molinari fait bon marché de tout cela. Cela existe cependant, quelques réserves que l'on doive faire sur l'abus de la logomachie patriotarde contemporaine qui l'a indignement exploité. Ce sont là des considérations étrangères au doit et à l'avoir économiques. M. de Molinan n'y croit donc pas et il a le courage de le dire. C'est une franchise que
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