La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

A PROPOS DU MA~IFESTE DU PARTI COMMUNISTE 327 A PROPOS DU Manifeste du Parti communiste La pierre de touche du socialisme dcmocratique, cc qui permet de le distinguer scientifiquement, politiquement et socialement, de toutes les formes, présentes ou passées, du socialisme bourgeois, étatiste ou utopique, c'est la conception de la lutte des classes, développée pour la prcmiérc fois, avec toutes les conséquences qu'elle entraine, dans le Atfa11ifesle du parti co1111111111isle (févri r r848). Aussi, peut-on considérer le cinquantieme anniversaire de ce Manifeste - synthése grandiose d'un monde de méditations sur l'histoire de la philosophie allemande, de la Rcvolution française, du développement industriel de l'Angleterre et des systèmes socialistes antérieurs - comme les noces d'or du socialisme international! A dater de ce moment, en effet, le socialisme n'est plus seulement le patrimoine intellectuel de quelques penseurs, l'aspiration confuse des opprimés vers un meilleur état social, la protestation, demiconsciente, des prolétaires contre « l'exploitation de l'homme par l'homme. » Désormais, les travailleurs possedcnt un programme, une formule d'action, un mot d'ordre. Quand le Manifeste ou les idées maîtresses du Manifeste a1:1rontpénétré dans les couches profondes du prolétariat, les écoles socialistes feront place aux partis socialistes, a la fédération internationale des travailleurs. Seulement il faudra, pour cela, de longues années encore : 1848, l'année du Manifeste, l'année du suffrage universel, fondé révolutionnairement sur les ruines de la monarchie bourgeoise, est aussi l'année de la guerre des classes, des inexpiables journées de Juin. Au lendemain de celles-ci, la bourgeoisie se crut a jamais victorieuse. << Le socialisme est mort, écrivait Louis Reybaud; en parler,

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