UNE LÉGISLATURE magne celle de Kiao-Tchéou sur le littoral du Char-Toung; il fallait s!associer à ces deux puissances pour sauver la Chine - :\ leur profit! - Ces événements considérables se produisaient dans le premier semestre de 1895, et quand Millerand réclamait des explications èt s'élevait contre l'étrange conduite de Hanotaux, cent quatre \'Oix seulement s'associaient à sà protestation. Plus tard, en 1896, les massacres d'Arménie - cette terrible et odieuse Saint-Barthélemy musulmane - sont réYélés par la presse anglaise. Notre tradition nous conviait à intervenir pour fletrir ces égorgements; mais le quai d'Orsay voulait ménager le sultan, par déférence pour le czar. La France resta muette. Jaurés exprima la volonté du pays, cette fois encore, en proclamant nos devoirs et en opposant la politique haute et génereuse du proletariat international à celle des cabinets groi1pés en nouvelle Sainte-Alliance. Les massacres de Crete succèdent à ceux d'Arménie; la Grèce, tout entière soulevée en faveur de ses frères de race, revendique pour eux la liberté; elle propose de remettre la solution du problème crétois à un plébiscite populaire. Notre attitude était toute tracée, et notre histoire, la spoliation que nous avions subie au traité de Francfort nous dictaient l'acquiescement à la note hellenique. Hanotaux a refusé le plébiscite; il n'a· pas compris qu'en même temps il frappait dans son principe notre protestation jusqu'alors hautaine et pure contre le demembrement de 187 r. Cet inconscient a porte à notre influence la plus terrible atteinte qu'elle ptit recevoir. La France, soldat de la liberté, s'est faite, par lui, soldat d'oppression. Ici encore il fallait s'humilier devant la volonté de Petersbourg associée à celle de la finance. L'Europe a prépare l'écrasement de la Grece pour relever par la victoire du sultan le cours des fonds ottomans. Jamais la rapacite, le cynisme de la haute banque ·ne se sont avoués aussi brutalement que dans cette guerre de Thessalie. La France, sous Hanotaux, s'est faite l'instrument des agioteurs, et sacrifiant à leurs intérêts, à leurs calculs, la grandeur du rôle que l'opinion unanime suggérait au quai d'Orsay; elle a été en Orient, comme jadis en Espagne au temps de Villèle et de Metternich, piétiner les principes de la Révolution. Le r I février 1897, Jaurès et Millerand rappelaient toutes ces choses à Hanotaux et le sommaient de .renoncer à cette politique néfaste : quatre-vingt-trois députés approuvaient leur attaque; quatre cent treize acclamaient le ministère. Du moins l'honneur du socialisme restait sauf. * * * Nous avons fait le tour de l'action socialiste : sur bien des points, pour ne pas développer outre mesure ce travail, pour ne pas allonger
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==