UNE LÉGISLATURE 323 patiblc avec le régime républicain. Les pénalités extrêmes gue ce texte comporte, ne sauraient plus se soutenir et constituent pour la conscience populaire un objet d'indignation. A plusieurs reprises, nous avons demandé soit que la peine de mort en fût effacée, soit qu'elle fût réservée aux délits les plus graves, et en temps de guerre seulement. A l'heure où l'armée semble vouloir sortir de son rôle et exercer une action contraire à la légalité, nous devons rappeler notre attitude dans une discussion qui nous parut sur le champ grosse de conséguences. C'était en 1895; Canrobert, le mitrailleur de décembre 185 r, venait de mourir; le gouvernement, soucieux de complaire a la réaction, sollicita pour lui des funérailles nationales. Ce jour-là, le parti socialiste s'honora en refusant son assentiment, malgré l'enthousiasme des soi-disant républicains. QUESTIONS COLONIALES Depuis l'origine de l'expansion coloniale de la troisième République, notre politique a été invariable. Nous avons systématiquement refusé les crédits que les cabinets successifs pn'.:tendaient obtenir pour leurs expéditions exotiques. Nous considérons ce développement outrancier des possessions françaises comme inutile et contraire aux intérêts démocratiques; il ne sert que le militarisme et le capitalisme, toujours prêt à provoquer de nouvelles campagnes pour s'assurer de nouveaux marchés et organiser de nouveaux traguenards financiers. Enfin, la croissance ininterrompue de notre budget colonial, qui atteint et dépasse cent millions, nous aurait ouvert les yeux si nous avions pu conserver quelque illusion. On conçoit donc que nous nous soyons prononcés et contre l'expé~iition de Madagascar, en novembre 1894 (1), et contre les nouvelles dépenses du Soudan, en juin 1895. Dans diverses autres circonstances, nous sommes restés inflexibles en notre opposition. AFFAIRES ÉTRANGÈRES A plusieurs reprises, nos représentants ont dénoncé et critiqué la politique rétrograde suivie au dehors par la France. Cette p0litique qui se résume en cette seule expression : subordination a la Russie, nous a privés du prestige que nous avions conservé dans le monde, malgré (1) Signalons encore ici, :i titre de document intéressant, la proposition que Gérault-Richard déposa en février 1896 et qui tendait a frapper toutes les exploitations concédées a Madagascar d'un droit de 33 ¼ sur les bénéfices au profit des soldats et de leurs familles.
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