LA REVUE SOCIALISTE nous rendre perplexes et faire douter du succès d'une troisième tentative. Cependant le projet, d'abord confusément caressé, prit ensuite forme; l'ébauche se précisa. Par l'active et intéressante correspondance que Malon entretenait avec des person_nes de toutes les catégories politiques et sociales du monde républicain et socialiste de. France et d'Europe, des concours et des approbations ne tardérent pas a arriver, pleines de promesses d'avenir, et l'apparition du premier num~ro fut fixée au mois de janvier I 885. Malgré l'accueil favorable que reçut la Revue Socialiste dès ce premier numéro, l'entreprise, reposant sur des bases financières exiguës, était risquée et sans les dévouements que la personne de Benoît Malon fit naître, cette troisiéme tentative n'eût peut-être pas écha,ppé au sort des deux premières. Sans doute, le nouveau recueil répondait a un besoin universellement senti. Mais si grandes étaient les préventions nourries contre le socialisme, si aiguës les divisions qui le déchiraient et dont le spectacle donnait un aliment de plus aux hostilités déchaînées contre lui, que nul, alors, n'aurait prévu ni osé espérer le développement ultérieur pris depuis, non seulement dans les couches profondes de la population, mais encore dans les milieux de penseurs et de lettrés, accessibles aux idées nouvelles seulement quand celles-ci sont a la veille de prouver leur légitimité par leur réalisation graduelle dans les faits. La Revue Socialiste n'a pas été étrangère, croyons-nous, a ce développement. Les discussions critiques qu'elle a publiées, les études théoriques auxquelles elle a donné un asile que leurs auteurs n'auraient pas trouvé ailleurs, en un mot l'ensemble des travaux de tout ordre dont elle est, depuis plus de treize ans, le chantier librement ouvert aux travailleurs de bonne volonté, ont contribué, pour une large part, a la diffusion, autant qu'a l'élaboration de principes et d'idées qui pénètrent de plus en plus la pensée contemporaine. Mais la propagation de la conception socialiste et l'accroissement continu du nombre de ses adhérents, en substituant aux gi;oupements isolés et aux aspirations éparses de jadis une organisation compacte, une a travers la diversité de ses appellations, dotée de tous les organes nécessaires a la vie d'un grand parti, rendent a la fois plus difficile la tâche et plus redoutable la responsabilité de diriger un recueil dans lequel on devrait saisir et analyser, a mesure qu'elles se produisent, toutes les manifestations immédiates de l'activité politique, sociale et intellectuelle, susceptibles d'intéresser l'avenir de ce parti. Et qu'on ne se mcprenne pas sur le sens et la portée du vœu que j'exprime ici. Quand je dis qu'un périodique devrait saisir, pour les analyser sur
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