REVUE DE LA PRESSE ÉTRÀNGÈRE 231 conscience de soi-même. On voit grandir une théorie populaire des relations sociales, préliminaire_ indispensable à la formation du t< bon citoyen » que toute démocratie présuppose. » De son côte, Albion \.V. Small s'exprime ainsi : « C'est, à YOir les choses dans leurs vraies lignes, quelque chose de solennel; les hommes retournent délibérement aux premiers principes. Ils YOnt Jisant que si la sécurité que procurent certains droits (le droit de propriété par exemple) est bonne pour quelques-uns, elle est bonne pour tous. Si ce mouvement social a quelque chose de solennel ( entendez de sérieux et de tragique), il a ses côtés sublimes. La sécurité réclamée n'est qu'un moyen. C'est le passe-port à une vie plus haute. La tâche que la société aujourd'hui impose à ses membres, c'est un effort direct et conscient pour établir entre les personnes des relations telles que la masse du peuple, avec ses aptitudes diYerses, puisse réaliser en commun l'idéal commun de l'humanité. >i J'ai détaché ces deux comtes citations d'articles considérables. Elles me paraissent caractéristiques. Elles reintroduisent l'idéal pratique, la politique idéale, dans le courant de la politique pratique. Ce n'est pas une nouveauté en France, c'en est une en Amérique. La France, malgré ses réactions de surface, reste foncièrement classique et rationaliste, comme Taine eut le mérite de le déplorer tout le long de ses brillants ouvrages. L'Amérique, à tort ou à raison, passait pour le pays d'élection de la cuisine politique empirique. Voici que quelques-uns de ses plus autorisés ccrivains se déclarent ouYertement idéologues. A bien regarder, ils reviennent, eux aussi, à la tradition des fondateurs de la République américaine, des Jefferson et des Payne. M. A. Vaccaro, répondant de son côté, à cc besoin que nous signalions au début, tente et réussit une synthése savante des dernières recherches sociologiques : Lamarck, Darwin, A. Comte, Spencer, Bastiat, De Greef, Asturaro, \.Vorms, Novicow, Tarde, Gumplowicz, Shreffie, Libcrfcld, pour ne pas parler de Renouvier, Fouillée, Malon, sont analysés et commentés. L'auteur donne une place d'honneur à -Auguste Comte. Il divise son étude critique en quatre parties : 1) théories darwiniennes pures; 2) théories spencérienncs; 3) théories de A. Comte; 4) théories analogico-organiques. Les théories darwinistes pures, excellentes pour le règne végétal et animal, se trouvent en défaut quand il s'agit de ce que, faute d'un meille:-ur mot, on appellera le règne humain. « Les sociologistes darwinistes refusent de voir que, dans l'humanité, outre la sélection naturelle, a régné et règne encore la sélection artificielle, que les vainqueurs ont systéma~ tiquement appliquée aux vaincus pour les adapter à leurs intérêts et à leurs caprices, » Les grandes formules abstraites bien connues d'Herbert Spencer sont satisfaisantes : désintégrations et intégrations ..
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==