L'UNIQUE INSTITUTION des projets pratiques, mûrissant peu à peu jusqu'à éclore en bills? Faire rayonner avec intelligence ( c'est-à-dire avec ordre, arrangement et toutes sortes de félicités) ce qui est chaos, inintelligence : comment y peut-on parvenir, sinon par l'éducation? Faire en sorte que la pensée, la réflexion, le langage articulé et la compréhension naissent dans chaque tête, parmi ces millions d'individus qui sont les atomes composant notre chaos: il n'y a pas d'autre moyen de répandre la lumière à travers un chaos quel qu'il· soit! La somme totale d'intelligence découverte en lui détermine la mesure de l'ordre possible dans votre chaos - la mesure dans laquelle est faisable et rationnel ce que votre chaos réclame de vous obscurément, et ce à quoi il consentira avec joie quand vous le lui proposerez ! C'est une équation exacte; l'un est la juste mesure de l'autre.- Si la totalité de la nation anglaise, durant ces « vingt années de répit », ne reçoit pas d'instruction ne f~t-ce que d'un maître d'école, une responsabilité terrible, devant Dieu et devant les hommes, sera encourue par quelqu'un! Comment aucun homme, excepté ceux qui s'intitulent ministres de Dieu, ose-t-il se lever au Parlement ou ailleurs, sous un prétexte quelconque, invoquant une déception quelconque, pour empêcher pendant un jour, pendant une heure, que la lumière de Dieu ne pénètre le monde, pour inviter les ténèbres du diable à y demeurer une heure de plus ! Car toute lumière, toute science, sous n'importe quelles formes, à n'importe quel degré de perfection, vient de Dieu ; toute obscurité, toute ignorance, vient de l'ennemi de Dieu. « Les croyances du maître d'école sont un peu hétérodoxes>> ? Certes, j'ai trouvé bien peu de croyances absolument orthodoxes, bien peu de rayons de lumière parfaitement blancs, . purs de tout mélange : mais de toutes les croyances et religions connues jusqu'à ce jour, la moins orthodoxe n'est-elle pas, à un degré indicible, celle de l'animalisme insouciant, dépensier du gin distillé, de la stupeur et du désespoir? Nous l'échangerions, celle-là, même contre le paganisme, le fétichisme ; et en somme, il faudra bien que nous l' échangions contre quelque chose. Un « service de l'enseignement », effectif, voilà ce que je considère comme nécessaire, un secrétaire· de l'éducation, un général en chef des instituteurs qui s'efforcerait de veiller à ce que nous soyions instruits. Et puis, pourquoi n'y aurait-il pas un « service de l'émigration >>avec un secrétaire, des adjoints, des fonds, des forces, des navires de l'État disponibles, un matériel .toujours croissant, en somme un systèmeeffectif d'émigration. En sorte qu'à la fin, avant l'expiratio•n de nos vingt années de répit, tout honnête travailleur de bonne volonté à qui l'Angleterre paraîtrait trop encombré.e, qui n'y jugerait pas l' « organisation du travail )>assez avancée, pou.rrait trouver là un pont mouvant, construit pour le porter vers de noQvelles contrées de
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