L'UNIQUE INSTITUTIO~ 217 viril pour en sortir s'il ne réussit pas; il dira à son ad,·crsaii'c: « Je ne peux pas t'amener à te mouvoir, te montrer homme; plutôt que de jouer le rôle d'un misérable morceau de bois habillé de vêtements d'homme ou de ministre, d'être condamné à un rôle inférieur :i. celui qui convient à l'homme, j'aime mieux ne pas m'acharner davantage après toi, pour trébucher inutilement sur notre mère la Terre; dans le sein deîaquelle tout est corruption : Adieu! » Car en somme, c'est là le lot de tous les chefs. Il n'y a pas de chef, dans le pays le plus despotique, qui n'ait été en même temps un serviteur; qui n'ait été en même temps général, muni d'un commandement absolu, et un pauvre sergent d'ordonnance, aux ordres des derniers hommes des rangs - obligé de recueillir les votes des rangs, lui aussi (que ces votes aient été exprimés sous une forme articul<'.:cou non), et de les peser exactement. Le vrai nom de tous les rois, c'est minis.-re, serviteur. Dans aucun gouvernement imaginable un corps qui n'est que superposition de plusieurs couches ne peut marcher! C'est lui, ce travailleur-serviteur, qui devra, plus que tout autre, certes « étaler au dehors sa toison de Gédfon » et" recueillir les avertissements de l'immensité; les pauvres localités, ainsi que nous l'avons dit, les paroisses de la cour du Palais ou autres ne recevant par clicsmêmes aucun avertissement. Un premier ministre, même ici, en Angleterre, qui oserait croire les célestes augures et s'adresser en homme et en héros à l'âme de l'Angleterre en laquelle s'agite un sourd combat; qui oserait formuler pour elle, réaliser pour elle la justice divine qu'elle s'efforce de formuler, faute de quoi elle périt; - ce ministre, dis-je, Ycrrait s'éveiller autour de lui le cœur de _l'Angleterre, plein d'une passion brûlante, d'une loyauté qui défieraient tout et ce lui serait un « appui » tel que jamais liste de division, majorité parlementaire n'en a foui·ni à un homme ! En tel lieu ou tel autre, à telle époque ou à telle autre, celui qui peut et ose avoir confiance en la céleste immensité se soumet par là toutes les localités. Demandons par nos prières un tel homme et un tel chef; bien plus, même, efforçons-nous, mettons-nous nécessairement en état, tous, tant que nous sommes, d'être dignes de servir et seconder un tel chef! Nous serons alors, pour· autant dire, sûrs de sa venue; sûrs de bien des choses, qu'il vienne ou non. Qui donc désespénfra du gouvernement s'il vient à passer devant une caserne de soldats, ou rencontre un homme en uniforme rouge dans les rues? Qu'un corps d'hommes ait été constitue pour tuer d'autres hommes quand cela leur serait co~mandé : a priori, cela ne semble-t-il pas une des choses les plus impossibles? Cependant, voyez, regardez : au sein du plus stupide des gouvernements du ne rien faire, cette impossibilité est chose accomplie. Contemplez-la,
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