La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

16 LA REVUE SOCIALISTE de la demande à l'offre du travail, mais le rapport de la demande à J'offre du produit. . La récolte annuelle a fourni, par exemple, IO,ooo boute1lles <lcclos-Yougeot.Pour déterminer le prix d'une bouteille, nous calculons, suivant la formule, le prix normal d'aprés le nombre d'heures qu'en a coi'.1téla production. Mais supposons qu'il y ait IOo,ooo demandes, . . , l ffi . I00,000 , , le prix normal doit être mult1pl1épar e coe c1ent ro,ooo , c est-adire ro. On dira : Tel objet rare, un tableau, un line peut être désiré par deux ou trois personnes seulement, mais ayec une telle intensité de désirs qu'elles soient prêtes a de grands sacrifices pour l'acquérir. En cas pareil suffira-t-il du coefficient obtenu suivant la méthode que nous Yenons d'indiquer pour modifier et élever à la hauteur du désir ressenti la valeur de l'objet désiré? Et encore, si l'objet est unique et dispute, à qui l'attribuera-t-on? Il est aisé de répondre à cette objection. Le coefficient détermine d'aprcs le rapport de l'offre à la demande du produit fixe seulement le prix social de l'objet, ou, pom parler plus clairement, sa rnise a prix. La société est alors comme un propriétaire qui Yend au plus offrant; le prix réel peut être au-dessus ou au-dessous de la mise a prix, suivant que les demandeurs retireront ou maintiendront leurs offres apres hl détermination mécaniquc de ce prix de Yente moyen, destiné à donner un point de départ aux enchéres. L'objet ou les objets disputés seront,. en définitive, adjugés à celui ou a ceux qui les auront cotés le plus haut. De la sorte, les choses rares s'acquiérent au moyen d'une surenchère, comme dans la société actuelle; la_différence(et elle est notable, d'ailleurs) est qu'en régime socialiste la société entière bénéficie du. surplus de valeur donné aux choses; que par conséquent le surcroît du prix payé pour les acquérir augmente le total du revenu social et se répartit entre tout le monde. Libre à qui en a envie de se procurer des choses rares, dans les limites de ses ressources! Seulement, celui qui se paie une jouissance supérieure à la moyenne apporte aux autres, à tous les autres, une compensation, en leur fournissant par la même de quoi augmenter le nombre et la qualité des jouissances qu'ils peuvent se procurer à leur tour. Il y a ainsi une tendance naturelle à l'équilibre du superflu. § _3· La rém1111ératiodnu travail. - Une fois que nous savons. détermmer ~a;7,,lcur d'un~ chose quelconque, et, par suite, l'équival~nce des ~1fferentsproduits en heures de travail, le problème de la n:munérat1on du traYail peut se résoudre aisément.

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