La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

188 LA REVUE SOCIALISTE L'objection, si souvent faite, de la coïncidence des deux sexes chez les mammifères primipares se trouve donc réfutée. LE MOMENT PHYSIOLOGIQUE Un point capital est de savoir à quel moment il est propice d'agir. Pour s'en rendre compte il est nécessaire de se représenter, dans ses traits généraux, l'état actuel de nos connaissances concernant l'origine des sexes. • On connait le grand principe biologique qui a fait la gloire de Virchow : omnis cellula e cellula, toute cellule provient d'une autre cellule. Les cellules qui composent notre .organisme forment la descendance d'une cellule unique, issue de l'organisme féminin • et fécondée par le germe provenant de l'organisme masculin, Cette cellule unique, venue à maturité, se divise en deux autres jeunes cellules . qui, obéissant à leur tour à une loi établie, se divisent également et ainsi de suite. A un stade ultérieur de développement, le travail de différenciation commence entre tous ces éléments d'origine commune. Tel groupe se mettra à fabriquer du sang, tel autre de la substance cérébrale, un troisième des muscles, etc. Puis, entre en scène le groupe destiné à la détermination du sexe, c'est-à-dire à la formation de l'un 0u de l'autre organe sexuel. Ce groupe se présente absolument identique dans le fœtus, quelle que soit la nature de celui-ci, mâle ou femelle. La cause qui décide de cette différenciation ultériture nous échappe absolument. D'après une opinion généralement acceptée, la force qui intervient ne surgit pas au moment ou son action se révèle aux yeux de l'observateur qui suit à l'aide du microscope ce curieux processus; elle existe dès le moment ou l'énergie vitale prend naissance dans l'ovule et dès lors le sexe est déjà déterminé. Pourquoi agit-elle tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre? Nous l'ignorons jusqu'ici et devons nous boi:ner à constater l'énigme. L'opinion de Virchow, prétendant que l'ovule porte déjà en soi, avant la fécondation, le sexe absolument déterminé ; celle-même, admise par la plupart des savants, que l'époque de la fécondation est le point de départ de cette détermination, ce sont là des hypothèses qui ne reposent sur aucun fait démontré. Le docteur Laumonier les réfute dans son bel ouvrage publié l'an dernier, sous le titre: Physiologiegénérale. Elles sont contredites par les expériences. qui nous montrent les abeilles et les fourmis changeant à volonté le sexe de leurs larves, par les grenouilles, dont les têtards s'attardent longtemps à la phase hermaphrodite. Plus d'un a.utre fait nous prouve que le _problème est bien autre-

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