BAKOUNINE EN ITALIE EN. 1864 181 un mal inévitabk, de même que Garibaldi acceptait sur sa banniére la croix de Savoie et les initiales de Victor Emmanuel, lorsqu'il conduisait au combat ses légions composées en grande partie <le républicains. Volfi ne s'occupait pas beaucoup de théorie ni de débats politiques, Formé par la jeune Italie, il était républicain de cœur et démocrate à outrance; il baptisa même son fils· du nom de Gugliemo Tell. Il donnait de fortes sommes d'argent pour toutes les entreprises patriotiques OQ révolutionnaires et vivait lui-même trés modestement, occupant un petit appartement de deux ou trois picces qui se trouvait au-dessus de.sa boutique et auquel donnait accès un escalier en bois, sans rampe. Depuis, ce petit escalier cria souvent et craqua sous le poids énorme de Bakounine, reçu chez le capopopolo comme une personne de la famille," non pas que Volfi fùt enthousiaste de ses plans révolutionnaires, dont probablement il n'avait même pas connaissance et que d'ailleurs il n'eût pas été en état d'apprécier, mais par une sorte de vénération pour son passé rempli de souffrances, En l'honneur de Bakounine, il disait à sa femme - une blonde aux formes plastiques, à peine lettrée - de servir une bouteille du meilleur vin vieux qu'il avait dans sa cave, du fameux vino Lunto ou d'aleoticobmsco et, pour Bakou." nine encore, de ses doigts tout enfarinés, il avait plus d'une fois délié les cordons de sa bourse toujours bien garnie, Grâce à Volfi, Bakounine fut bientôt initié à tous· les secrets du cercle démocratique de Florence et relié à tous ses membres, ainsi qu'à,tous les hommes d'action qui se trouvaient alors dans la ville. Parmi les nom•elles connaissances de Bakounine, les hommes de marque ne furent pas bien nombreux. Autour de lui se groupèrent naturellement des individus qui ne travaillaient pas sérieu·semênt mais qu'attirait la curiosité, sinon un' calcul malpropre de pêchèr en eau trouble; le grand agitateur avait le don de produire un grand bouleversement partout où il faisait son apparition. Bientôt il se forma auprès de lui un état-major composé d'anciens volontaires •de Garibaldi, d'avocats sans clientèle, de gens de tous poils, sans occupations, sans parole, souvent même sans pensée, <le ces ·gens chez qui de vagues aspirations révolutionnaires, dont eux-mêmes ne savent se rendre compte, tenaient lieu de conception sociale, ·de sérieuse affaire et même d'idées. De plus, aucun d'eux "ne connaissait aucune langue étrangère et ce n'est que vers le déclin de sa carrière que Bakounine lui-même apprit l'italien, et encore ses connaissances en cette langue laissèrent-elles à désirer. - (Traduit du russepar Marie Stromberg.)
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