LE PARTI SOCIALISTE ET LES CLASSES AGRICOLES I 39 c'est vrai, mais 1 la collectivité, c'est-a-dire à l'État. Mais l'État ne prélèvera que juste le néce$saire, et ce sera peu, pour assurer les services publics. En compensation, tout le reste du produit de votre tra\'ail vous sera laissé. Simples cultivateurs au service de la nation, vous serez en fait plus propriétaires qu'aujourd'hui, bèntficiaircs naturels des a.méliorations qu'amèneront les pro~rès d'une technique agricole renouvelée. )) I I I ATTITUDE DU PARTI SOC1ALISTE EN FACE DE LA PETITÉ P-ROPRIÉTÉ FONCIÈRE L'isolement, voilà le grand obstacle à la propagande socialiste dans les campagnes. D'où la nécessité des associations. Alors seulement, quand les paysans auront vu les socialistes à l'œuvre en leur faveur, leur âme s'abandonnera avec confiance à la propagande socialiste; et quand, dans les rcsultats trop modestes des associations, dans la pression de:; classes dominantes, dans la direction de la société bourgeoise, ils auront constaté l'impuissance des palliatifs, alors ils sentiront suffisamment la nécessité de la nationalisation du sol ; et leur œil, accoutumé à regarder dès lors Yers l'avenir, en saluera l'avènement avec enthousiasme. Déjà le rapport de l'an dernier admettait les coopératives de production : matériel, machines agricoles. Le parti socialiste italien est donc entré dans la voie de l'organisation des petits propriétaires en coopérati yes. Les caisses rurales de crédit agricole étaient seules exclues par le rapport de 1896. Cette exclusion ne paraît pas justifiée. Le présent rapport n'hésite pas à les proposer, de pair avec les autres associations sœurs. Elles ne sont pas de nature à enrayer le mouvement socialiste, à restaurer artificiellement la petite propriété. Elles sont le complément des autres associations. Nous dirons davantage : non seulement les socialistes peuvent pousser ce genre d'organisation, ils le doivent. C'est plus qu'un laissez-passer, c'est une recommandation. En France, en Allemagne, en Roumanie (I), en Italie même (2), cette sorte d'ass'ociation a donné des résultats. Sans doute, en Italie, comm_e à l'étranger, c'est là un mouvement dont la bourgeoisie s'est fait la promotrice. Elle caressait l'utopie éco- (1) V. T. RaJu. Le Mouvement coopératif en Roumanie, Rifon11a sociale, t5 octobre 1896°. • • - • (2} T. Virgilii. La Vie agricole en ltalié, Devmi,· social, juin 1897.
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