II8 LA REVUE SOCIALISTE rapport, dont la substance résumée a tenu deux colonnes serrées du Peuple de Bruxelles. Cc résumé fut encore condensé sous forme de propositions à soumettre au Congres, lequel les adopta. Il est très vraisemblable que le Parti ouvrier belge sanctionnera à son tour ces formules de l'attitude à prendre par les socialistes vis-à-vis de la petite propriété : I. - Les maux, toujours croissants, que l'exploitation capitaliste de l'agriculture entraine, pour le cultivateur du sol et pour la société tout entière, ne disparaîtront complétcment que dans une société où le sol, aussi bien que les autn.:s moyens de production, appartiendront à la collectivité, qui les fera exploiter dans l'intérêt commun, en employant les procédés de culture les plus perfectionnés. (Résolution du Congrès international de Londres, 1896.) Aussi, ln propagande socialiste, dans les milieux agricoles aussi bien que dans les centres industriels, doit-elle insister constamment sur les avantages de la propriété collective et les inconvénients de la propriété privée. II. - La propriété capitaliste du sol, en effet, a pour conséquences, l'exploitation des ouvriers agricoles par les fermiers, et des fermiers par les propriétaires. D'autre part, la propriété parcellaire, cultivée en faire-valoir direct, par le paysan et sa famille, présente les plus graves inconvénients, au point de vue de la production : privée de ses conditions normales d'existence, par la disparition des communaux et l:t décadence du tra,·ail industriel à domicile, elle ne parvient à se maintenir, au prix d'un travail excessif, qu'à l'état de dépendance des grandes exploitations, ou de survivance des régimes antérieurs. Partout oit elle subsiste encore, elle est destinée, dans un avenir plus ou moins prochain, à se transformer en propriété coopérative, ou à être absorbée par la propriété capitaliste. Ill. - Étant donné que la propriété parcellaire ne sépare pas le travailleur de ses moyens de production, ne constitue pas un moyen d'exploiter le travail d'autrui, et préjudicie, en première ligne, aux petits propriétaires euxmêmes, le Parti ouvrier n'a pas à poursuivre l'expropriation des paysans, contre leur volonté, et en recourant à la contrainte ; il doit les amener à transférer leur entreprise et leur propriété privée à des associations coopératives, non par la force, mais par l'influence de l'exemple, la démonstration de l'intérêt qu'ils y ont et l'aide des pouvoirs publics. IV. - Pour faciliter la transformation de la propriété parcellaire en propriété coopérative - premier stade de l'appropriation collective - les pouvoirs publics doivent intervenir, notamment par le développement du crédit agricole, la réduction des charges fiscales de l'agriculture, l'octroi de subsides aux coopér,ttives et autres associations agricoles, la reconnaissance du droit pour les unions professionnelles de faire le commerce, la reprise des grandes industries agricoles (distilleries, sucreries, manufactures, etc.) qui placent les paysans sous hl domination capitaliste. En conséquence : 1 ° Le Parti ouvrier doit user de tous les moyens qui sont en son pouvoir
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