La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

1 E ~I0L'\'OIE~T LITTERAIRE A chaque jour sutfü s.1 peine. li f.nn d'abord s':iflilicr, se compter, souleYer des paYes et tirer des coups de fusil. Ensuite on verr.1. L'organis.1tion Yien<lraapn'.:sla Yictoire. « Ses p,1roles et ses .1ctes n'en expliquaient pas d:1Yant.1ge.T1lutefois, S:1pcnsee traYaille, c'est p:ir l.1rellexion de C<.:.S1nne<.:qSu'il ,lcYin<.: l.1 lLmsformation possible d<.:l.t propriete, et qu'il aboutit .i L'(Tirl', pour le J_ibéralt'llr, l\'.-tud<.:sur l'association oi.1 lknoit :'ll.1101n1-rr.1 qu'il ;\ donne le pr<.:mi<.:Lr,'ll Emop<.:, un<.:formule rudimn11.1irL·du collectiYisme. :\l.iis Blanqui .1journ.1it ,k p.irti pris les spécul.1tilrns et les n'.:Yeri<.d:se son <.:sprit, il Ill.:detinissait p,1sle but indefi11i-,s.1hlcl,e mirage S;\llSC<.:SSrCecule, n:flete on Ill: s;1it OLI,sur l.1 ll.:ITl'.iritk Oll dans ks nuages tL\nsp;H<.:llt.s. \pres? Qui p<.:utpréYoir :iprés? L'instinct de justic<.:et le besoin lk, i,-rL:sufliront. L<.:side<.:s,s;rns CL:SSl', sont tr.\Yersées, aidé<.:s, L:nLtyées p.lr les r.1its. Qu'on 111.irchcpour marcher, qu'on agiss<.:pour agir, i11f.1illible1111t:knst n.'.·sultal\YiL"ndront par ~urcroit, puisq u'i 1 <.:1,1;ent toujours, de qUL"lconuqcs. (( CL"l.l Il 'et.lit p.1sdit, l'i pour C;\l\Sl'. Ü Il tL"Irdus de préd irL'l'.1\ en ir aurait été consideré com1m unL" prL"u,·LJ"e scepticisme ironiquL·, L"l nl:111quiet.1it :iussi loin dL"l'irnnie ,1ue les lll;isses qu'il Youhit cntr.lΕ ner. JI croy.1it .\ l'effort immedi;ll, LI LL'lte seule croyance énergiquement affirmée et prou,·ée de, .1it lui sutlire pour passer ;\li gr.1dl· de géncr:1I d'émeute inYesti Ju droit d'imposer un pl.111et de dnnnn le sign.11d'une b.1t;1ille. ,> li n'est p.1sd.111sle cidre de ces notes de suiH1: minute ,\ minute la ,·ic, la pensce de Blanqui; nuis il !'.:tait nccessaire de montrn la silhouette solide qui se drcss1: tics page~ lie l'E11fern1é: jusLiue-1.i, c'est de l'histoire : Geffroy l'a tr.rnscrite en ch:1pitr1:s imples et forts, prl·cis, rigoureux, -p.1ssio11nants con11111u:n rom.Ill; YOicibientôt du roman, puissant comme de l'histoire: c'1:st,d'abord, au second pl.rn, le m;1riage de Blanqui a,·ec Suzanne S1:1-re,la Yi1:nouvelle de bonhn1r tr.1,·1:rsc de tous les orages des coup~ ,lc 111,1i:1dse, leur prepar,nion, l.1conspir.nion des poudres qui ,-;1ut encore deux ans de prison .·1 Bl.1119ui, amnistie ensuite, s:1 pein1: changée en int1:rnement à Pontois1:, où s;\ femme le rejoint - « pénitence politique qui deYient la périod1: de leur lune de miel de jeune ménage. » Mais ,'t cc« décor du bonheur possible», Blanqui en superpos1: un autre,« tour à tour obscur et éclatant, mystérieux et .1gité,celui d1:sconspirations et des insurrections ... la politique est sa perpctudle hotesse, et il mcnc de front la prép.1ration d'un coup de main et sa Yic de cœur et de solitude. » Enfin, il rentre à Paris, joue son rolc au 12 mai r839. C'est la defaitc - Lt condamnation ,·1 mort - la peine commuée en dét<.:ntionperpétuelle - 11: Mont-Saint-~!ichel - « un jour, un autre jour, tous les jours, une semaine, des semaines, - des années. »

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