CHRO);lQUE ~! USICALE ï53 joli, àtc parfois de la grandeur aux œuHes intc~·p1ùécs : on a pu s'en apercevoir à l'audition du prélude de Parsifal. Mais il faut s;ivoir gré au chef d'orchestre de la Philhar111011iq1d1eeBl'rli11 d'avoir - on peut le dire - n:vélé aux Parisiens la Sy111pho11ic en si bémol 111aje11r de M. Chausson, dont nous applaudissions n'.:ccmm<.:nutn Poëme sympbo11iq11e, pour orchestre et violon solo. ~!. Chausson est un des maîtres de notre jeune école française : c'est probablement pourquoi on n'entend presque rien de lui dans nos concerts dominicaux. Sans doute le «grand-public » doit lui pr<:férer k Co1111d'avril de M. \Vidor, que M. Nikisch n'cùt pas dû inscrire à son programme; il est vrai qu'il l':i fait exécuter aYecune telle perfection qu'un morceau a été bissé malgn'.: d'énergiques protestations. Quant ~'t La Jw11esscd'Hercule de M. SaintSaëns, il est parvenu à lui donner une \·ie dont clic a bien besoin; c'est le plus grand éloge à donner à un chef d'orchestre : malgré cela, on sent bien que les Bacchantes qui engagent Hercule à les suivre dans le chemin du plaisir ne sont que des copies affaiblies de celles du V(·nusbcrg ! L'exécution de ces quelques œuwes françaises (auxquelles il fout ajouter la brillante ouverture du Carnarnl ro111ai11, - j';1urais bien voulu entend~ aussi, sous une telle direction, la Sy111pho1J1aieu/astique, qui parut un jour sur l'affiche) a prou;-,:: J ses auditeurs que l'orchestre berlinois intcrpr.'.:tait aYcc autant de science et d·art des compositions d'esprit fonciércmcnt différent. Cette belle manifestation international<.:a ·.::téaccueillie comme clic méritait ·.de l'ètre : avec enthousiasme; et c'est avec plaisir que l'on pcht constater combien, dans le domaine serein de l'art, l'idée libre a fait de sérieux progrés; car ce qui s'est passé le mois dernier sans protestation sérieuse cùt rencontré, il y a seulement huit ou d}\' ans, des obstacles matériellement infranchissables. Et le pubiïè nombreux accouru au dernier concert de la Philharmo11iq11c a crié un unhnime « Au revoir! » :iux vaillants artistes allemands. J.-G. PRODHOMME. ·-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==