La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

752 LA REVUE SOCIALISTE Saint-Pétersbourg, à la tête de l'Associ(ffio11(frfistiq11e, et Londres, Bruxelles, Gcnc,·c, Berlin même, l'ont tour à tour applaudi. M. Lamoureux, moins voyageur, s'est risque sur le tard à tr:JYcrser la Manche, et l'on sait qu'à plusieurs reprises les habitués du Q11ee11's Hall lui ont prodigué des marques de la plus Yive sympathie. Il semblait donc tout naturel qu'un orchestre allemand YÎnt enfin :'t Paris exécuter les œunes de Iketho,·en, de \\'cbcr et de \Vagner, aussi bien que des ounages de notre école nationale. C'est cc qu'a tenté le premier J\L Arthur Nikisch, ù la tête de la Société Pbilb(fr111011iqd1e1eBerlill. Accueillis avec un enthousiasme qui n'a été que crescendo de la prcmicrc à la cinquicme et dernicre séance, les soixantequinze musiciens de cet orchestre ont laissé tous leurs auditeurs sous une impression d'art inoubliable. Leurs programmes, très artistement composés, comprenaient : les 3", 5" et Ge Sy111pbo11ies et l'ou,·erturc n° 3 de Fidelio, de Beetho,·en; les ouYertures du Freischiilz, d'Obéro11 et d'E11ry(111/'1e, d \\'eber; les ouYcrturcs ou préludes de Rienz.i, du ]7(1isse1111-Fa11lôme, des M(fitres Cb(111/eurs, de Tm111/;(1/ÏSer, de Lobe11gri11, de Trisla11et Yse11ll, de Parsif(f/, les M11r/l/11redse la Forèt, de Siegfried, la J\1(1rcbef1111èbre du Crép11swledes Die11x et la 1\1ort d'Yse11lt; les Prè/11des de· Liszt, une Sy111pho11ie d Schumann; enfin, de l'école française: Le Cam((V(flromah,, de Berlioz; La Je1111esdse'Hercule, de J\f. Saint-Saëns; Coule d'Avril, de 1'1. Widor; et une Sy111pbo11ie en si bélllollll(fjeur, de 1'1. Ernest Chausson. L'exécution a toujours été remarquable, mais particulièrement celle des œuvres de \\\:ber et de \Vagner; l'orchestre, d'une homogénèité parfaite, présente un ensemble de cuines qu'il serait peut-être impossible de constituer à Paris. On a pu l'apprécier dans l'ouYerturc de 7à1111l)(fiiser notamment et au milieu du prélude de Lo!Je11gri11 lorsqu'l'.lclatc, fulgurant, le motif initial; les cors, dans Obéro11 et le Freiscbiilz., sont rncrYcillcux de précision. L'interprétation des Sympbo11ies de Bcetho,·en, de la 5" principalement, n'a pas plu à tout le monde. Les auditeurs de M. Lamoureux y ont trouvé de nombreuses différences dans les mouvements. Cependant l'exécution du scberzo me semble hors de critique et celle de la Sy111pho1p1(ifrs/orale bien supérieure ù celle que nous avons coutume d'entendre à Paris; l'orage a été rendu de façon foudroyante et la Ro11dedes Paysm,s, dans un rnounmcnt plus rapide que celui donné par nos chers d'orchestre, gagne beaucoup de « \'ic » à cette accélération. La seule critique qu'on pourrait faire à M. Arthur Nikisch, c'est une trop grande sensibilité, une trop grande finesse dans les nuances, des accélérations et des ralentissements de mouvements, le plus souYcnt presque imperceptibles ou passagers. Cc souci perpétuel du fini, du

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