LA REVUE SOCIALISTE opérations doi\'ent déprécier le prix des produits, puisque Yendeurs et acheteurs fictifs réalisent des bénéfices considérables sur leurs marchés. Les produits paient nécessairement ces profits qui sont récupérés finalement, d'intennédiaire en intermédiaire, ù la réalisation définiti\'e du contrat. J\Iais il serait trop long d'analyser les pbases successiYes du phl'.:nomène, à l'appui duquel des chiffres doivent être fournis. Quoi qu'il en soit, nous constatons le double courant qui se fait jour à la Société d'Économie sociale: l'un représentant les intérêts de la propriété foncière, l'autre défendant, à cheval sur les principes de l'orthodoxie libérale, la haute banque et ses opérations. * * * J'ai fait allusion plus haut aux revendications du parti agrarien en Autriche et en Allemagne. Précisément, la Revuerl'Éco11011p1oielitique du mois dernier publie le résumé d'une conférence faite à Vienne, au séminaire de la faculté de droit de M. Schwiedland, sur l'étatisation de la boulangerie. Si un projet de cette nature avait été exposé dans une chaire officielle de l'enseignement public, au Collège de France, par exemple, le ministre n'aurait pas eu assez de considérants flétrissants dans l'arrêté de révocation du professeur qui l'aurait fait ou laissé faire. Son auteur est un M. Till, minotier et boulanger, que M. Schwiedland a appelé à son cours, comme cela se pratique dans les Universités allemandes, pour exposer son système. Malheureusement, c'est moins une indication qu'un exposé, au moins si j'en juge par l'article qu'il a adressé à la Revue d'Économiepolitique. Voici, en effet, très résumée, mais fidclc, son argumentation principale. Le prix des céréales a tellement baissé depuis quelques années, qu'il ne couvre plus en Europe les frais de production (c'est M. Till qui parle, bien entendu). Ces prix sont fixés « sans aucune norme », subissant << l'influence de circonstances fortuites et des coups de la spéculation ». On pourrait soustraire les pays de l'Europe à toutes les funestes influences du marche mondial, en faisant « de la question du prix de cc réales une affaire purement nationale». Acet effet, le gouvernement monopoliserait l'importation des bics, la fabrication des farines et la fabrication du pain dans les villes. M. Till n'ctend, en effet, le monopole du pain qu'aux villes, laissant aux campagnes ·et a ceux qui pétrissent leur farine la fabrication du pain. Cette latitude ne fait aucune brèche dans son système, puisque l'État se réserve le monopole de la farine et qu'il peut par là fixer le prix du pain, même dans les campagnes, en restant 111:iîtredu prix des farines.
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