La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

HEVCE DES RE\'CES sions de chiffres, toutes choses ètant beaucoup plus chères en Angleterre ou en Alllèriquc qu'en France. Et toujours b discussion se terminera par cette conclusion : que les classes ouvrières de France sont les mieux payècs. Ne sommes-nous pas, d'ailleurs, une dè1J1ocratie, lL"ndant de par les lois mèmes de notre dé\'eloppcmcnt historique ;\ une n:partition de plus en plus égale de la richesse entre tous les citoyèns ! Il y a, sans doute, dans l'expression de cette opinion, b plus rèpanduc non seulement p:nmi les publicistes mais encore dans tous les r:111gsde notre population, une trace \'isiblc de l'effort fait par nos dirigeants pour duper la classe ounièrc et b persuader de l'injustic1.: dc ses revendications quotidicnncs. Toutefois le chau,·inisrnc n:itional a sa part d'erreur dans l'apprèciation de notre situation économiqu1:. Quoi qu'on en <lise, les f-rançais sont singulièrement jaloux de toute suprématie, en matière de bien-être social comme en toute antre chos1.:, et les industriels n'ont aucune peine à acc1ùliter une erreur dont b propagation sert si bien leurs intérêts. C'est une erreur, en effet, et i\l. Levasscur, qui, de retour d'Amèriquc, public dans une foule de rc\'ucs le r.'.:sultat de ses observation,, donne, dans le Jo11mnl iles Eco110111istes, des indications à ce sujet qui, pour être sommaires, ne méritent pas moins de retenir notre atten-. tion. i\l. Lcvasscur, tout d'abord, compare la moyenne des salaires nominaux entre la France et les États-Unis. D'après l'Office du Travail français, cet!c moyenne serait d'un peu moins de 5 francs p:1r jour, exactement .~ fr. 82. Mais nous de\'Ons faire remarquer que les cléments de calcul employés par l'Office du Travail sont un peu sujets à caution. Cette moyenne est calculée, en eftet, d'après les prix moyens de la journée de traYail relevés à Paris et en province. Pour la province, c'est 3 fr. 50; pour Paris 6 fr. r 5 ; et tout de suite on voit qu'il s'agit là de chiffres correspondants à des rcalitès économiques très diffcrentcs. D'abord, la population ouvrière parisienne est loin de former la moitié de la classe ouvriere française, par conséquent, la moyenne du salaire français devrait être abaisse de cc fait de plusieurs centimes; ensuite la nriation consid~rable constatèe entre la province et Paris provient surtout des charges fiscales qui pesent sur les objets de consommation et que les salaires de proYincc n'ont pas à subir. La comparaison est donc boîtcuse par les termes mêmes dont s'est servi le bureau de l'Office français. Mais ces réserves faites, acceptons les chiffres et voyons cc qui se passe. L'ouvrier français gagne, en moyenne, 4 fr. 82 par jour; l'ouvrier anglais :; schellings (6 fr. 25), et l'oun-icr américain de I dollar 3/4 à 2 dollars (ctc 8•fr. 75 à 10 francs.)

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==