La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE mais trés suiYis par les médecins étrangers, par des médecins de proYincc de passage à Paris, par quelques médecins de la marine et dl: l'année. La Faculté a réussi, venons-nous de dire, à se débarrasser de cettl: concurrence enseignante; et elle y a réussi, devons-nous ajouter, à la satisfaction de la majorité peut-être de la population médicale qui ne pn'.:Yoyait pas les conséquences de cc coup de Jarnac. On aYait pu éteindre ou à peu prl'.:sl'enseignement libre; mais les dispensaires oü il se donnait subsistaic11t; leur rôle et leur organisation durent changer; - el leur 11ombreaugmwla. L'enseignement n'ayant plus à y jouer qu'un rôle secondaire, le dispensaire dcYint un dédoublement du cabinet, autour duquel une certaine dose de publicité inévitable a dù être admise. Quand l'enseignement clinique était la principale raison d'être du dispensaire, et que sa vraie clientélc était les médecins, les malades y rcpn'.:scntaicnt un accessoire indispensable; les soins y étaient partout gratuits. Aujourd'hui que la concurrence officielle en a détaché la plus grande partie de leur clicntl'.:le médicale, de celle qui faisait quelquefois leur fortune, les professeurs libres ont dù viser à s'indemniser autrement de frais qui devenaient plus considérables, car les « assistants » dcvcn,rnt plus rares, les malades s'y rendent plus Yolontiers. La plupart ont alors fait payer, au moins certains jours, des consultations et des soins qui jusque-là ctaicnt gratuits. Donnant cette succursale à son cabinet, le médecin évite d'éloigner de celui-ci la classe largement n.':rnunératrice de sa clicntl'.:lc, en faisant, pour ceux. de ses malades qu'il tient avec raison à ccarter de chez lui, de la thcrapeutiquc à prix réduits·. Cc partage des malades, qui donne satisfaction à des exigences trés lcgitimcs, et protégc en même temps cc qui reste d'un enseignement libre qui a encore des services à rendre, a fait faire la grimace à ceux qui avaient applaudi .\ la dccapitation de l'enseignement libre; mais il me paraît une solution irrcprochable de difficultés que ceux qui y font face n'ont pas créées. Aujourd'hui, les dispensaires sont moins que jamais en odeur de sainteté aupres d'un parti que nous espérons n'être pas une majoritc; apres avoir applaudi à la campagne menée par les officieux contre l'enseignement libre, on se trouve embarrassé d'une victoire dont on voudrait maintenant supprimer les conscqucnccs; il est trop tard. S'apercevant qu'ils n'avaient fait que déplacer, en l'aggravant, la concurrence qui leur portait ombrage, les officieux sont alors partis en guerre contre les cliniques libres. Cette fois encore, quelques-uns au moins commencent ù être inquiets en voyant l'cmprcsseme1!t des administrations et des municipalités à leur donner satisfaction par la création, à nos frais, de cliniques officielles.

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