LA REVUE SOCIALISTE Mais il n'y en aura jamais trop, si l'on songe combien il importe d'unir Jans une action commune le peuple des villes et le peuple des campagnes, ces deux bras du prolétariat contemporain. Ce n'est pas chose facile d'entamer les cerveaux Yillagcois; les idées nou.vcllcs ont peine à s'y implanter, comme le coin du bûcheron dans le bon bois de chêne; seulement, une fois entrées, clics n'en sortent pas non plus aisément, et malheur à la féodalité capitaliste d':rnjourd'hui le jour où se lèveront contre elle ceux qui furent les plus redoutables ennemis de la fcodalité seigneuriale d'autrefois! J'ai donc grand plaisir i présenter au public un travail solide, qui a poussé en pleine terre de France, comme un sauvageon reste peutêtre çà et là épineux et rude, mais se dressant plein de scve et de Yiguenr dans l'air libre et le grand soleil. La Vérité aux Paysa11s ( I ), tel est le titre de cette œune Je conscience et de foi raisonnée, qui a pour auteur le citoyen CompèreMorcl. Que contient-elle? Deux choses: l'exposé du mal et la recherche du rcmcdc. * * * Le mal, c'est la détresse croissante du paysan. Possesseur d'un lopin de terre, il ne peut lutter contre la concurrence du grand propriétaire, qui produit i meilleur compte grâce i ses machines, ses engrais chimiques, ses puissants moyens de culture intensive, sa faculté d'arriver aux marchés lointains ou d'attendre, pour vendre, le bon moment. Essaie-t-il d'emprunter? Il gréve son bien d'hypothèques; il finit par n'être plus guère propriétaire que de nom, et il a beau se tuer Je travail, les intérêts et les imp6ts à payer mangent d'aYance la meilleure part de la récolte. Les tarifs de douane, qui ont la prétention de le défendre contre l'étranger, profitent aux gros, non aux petits; c'est du socialisme à rebours, li protection octroyée aux forts, non aux faibles. Que faire alors? Quitter les champs pour la ville, comme le font tant de paunes hères, qui s'enrégimentent ainsi dans la grande année des prolétaires industriels, ou bien se résigner à tomber au rang d'ouvrier agricole, mal nourri, peu paye, sans indépendance et sans avenir, voué à 1; misère noire le jour où l'âge viendra paralyser ses forces. * * * Il faut un remède au malaise grandissant. Le vrai, le seul capable de guérir radicalement, c'est un changement profond dans la forme de (1) La brochure est en vente â la librairie de la Revue Socialiste.
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