LE PROBLDIE DE L'A~IOliR enfants et même davantage. Pour les Yoir, point n'est bcsoi11 de se rendre aux antipodes. Il y en a partout. A Berlin, par exemple, en 1894, trente-deux épouses sont devenues mcres pour l:i dix-septiémt: fois, neuf pour la dix-huitième fois, une pour la Yingti1:ml' fois et deux pour la Yingt-dcuxiéme fois. Une dame dl' \'icnne (Autriche) - 1'1:lrie-AnnaHclrn - a mis au monde trrnte-deux enfants : Yi11gtsix garçons et six filles. Le pcrc, la mère et tous ks enfants se portent à merveille, parait-il. Q'.cst-ce que cela prouYc? Rien. A coté de ces familles, exceptionnelkmcnt fl'.:condcs, il t:xistc des milliers tk couples qui n'ont pas d'enfants et n'rn peuY<.:11pt:1~ avoir. Un bon tiers de nos sa,·ants - la moitié peut-0trc - 11':1 pas de progéniture. An dire du docteur Hardy (qui en a fait naguère l'objet d'une communication à l'Académie de Médecine), les 31 °/ 0 de~ membres de l'Académie française étaient des époux priYés d'enfants. Sur vingt-neuf académiciens mariés, un seul - anglais d'origine - avait un nombre d'enfants - sept - supérieur :'t la moyenne du pays; dix-neuf académiciens aYaient un, deux ou trois L'nfants et neuf n'en possédaient pas. Les États-Unis, le Canada et quelques autres contrées récemment encore impcuplées présentent un taux d'accroissement de population trés élevé. Cela tient, en partie, à l'émigration qui y est considérable et qui re11LiImpossible toute étude biogéniquc. Depuis le commencement du dix-neuvième ~iéclc, 20 millions d'Européens - pour la plupart dans la force de l'.igc et particulièrement bien doués pour travailler et engendrer - se sont n:pa11dusdans les vastes plaines de l'Union. Ces plaines 11011cultiYée~et presque depourvues d'habitants demandaient impérieusement des bras et des intelligences. Dans de telles conditions, la population ne saurait rester stationnaire. Des millions de nègres (7 millions .p. o mille 040 en 1890), des millions d'Anglais, d'Irlandais, d'Allcmands ... n'ont pu répondre aux besoins croissants de l'agriculture ~t de l'industrie. De là cette exubérante fécondite qui inquicte, a tort, quelques âmes craintives. Le sol cultivable sera un jour couvert de moissons et l'industrie finira bien par avoir assez de bras. Alors l'immigration s'arrêtera et la natalité - n'ayant plus besoin d'être aussi élevée - ira decresce11do, cc qu'elle fait déjà (r). (1) Le taux d'accroissement de la population des États-Unis est en pleine dé.:roissance. De 35. 1 °/. pour la période de 1 i90 it 1800, il est tombe: it 24.8 °/0 pour les années 1880-1890 ... ce que Malthus n'a,·ait pu prcvoir.
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