~lOUVE~IENT SOCIAL 625 d'heures de tranil. Les ouvricrcs ne dcsircn: que tra\'aillcr aux anciennes conditions, et la Compagnie ne songe pas, non plus, ù modifier ces conditions de travail. D'où vient alors le conflit? Il est intéressant d'en rechercher l'origine. On a dit que la Compagnie, se trou\'ant dans l'obligation de réduire sa production, avait renvoyé cinq cents ouni~rs et que, mus par un sentiment de puissante solidarité, les cai,naradcs des congédiés avaient en masse cessé le travail, ne \'Oulant pas se séparer de leurs frères sacrifiés. Cela est vrai, et c'est un titre d'admirable noblesse pour la population ouvriérc de la Gr;;nd'Combc. Mais est-cc bien ;1des nécessités économiques que la Compagnie a obéi en pratiquant parmi son personnel des « coupes sombres »? Il n'est pas douteux que l'industrie houillcrc traverse une crise grave. Les causes multiples de cette situation ont été exposées au cours de la discussion du budget. Nous n'en retiendrons qu'une: la -concurrence des charbons anglais. Mais cette situation est générale et commune à tout le bassin du Gard et même à ceux de l'A\'eyron et du Tarn. De tous les centres miniers du tllidi, celui de la Grand'Combe est encore un de ceux qui produisent dans les meilleures conditions de bon marché. Et, pourtant, c'est dans celui-lù seul qu'on parle de réduire la production. C'est justement cc qui nous fait suspecter la nécessité économique inYoquée par la .Compagnie. Mais cc n'est pas .cela seul. Il y a, en effet, deux manicrcs d'obtenir ce résultat : n:duirc le personnel ou lui imposer certains jours de chômage. Les ouHicrs ont proposé cc dernier moyen à la compagnie; ils se sont offerts à ne travailler que cinq et mèmc quatre jours par semaine. La Compagnie a œfusé et a préféré rc1woyer des ouvriers. Et pourtant, il y a un an, à pareille époque, les ouniers chè>maient un et deux jours par semaine, ,en raison de la même crise - car clic n'est pas récente - qui pèse sur l'industrie houillère. Comment ce qui était possible il y a un an ne l'est-il plus aujourd'hui? On déclare, paraît-il, que cette manicre de procéder ne diminue en rien les frais généraux. Cet argument ne résiste pas à l'examen. Qu'il soit réduit par les « coupes sombres » ou par le chômage, le nombre des travailleurs, s'il reste le même, doit entraîner les mêmes frais. Si, en réalité, il s'agissait d'économies de cette nature, pourquoi la Compagnie ne supprimerait-elle pas les écoles congréganistes qu'elle entretient à ses frais, et le régiment de pn:trcs qu'elle fait Yivre, et les gros emplois, beaucoup trop nombreux, cn'.:es uniquement pour satisfaire les appctits ou payer les services de ses grands chefs? U11 Ouvroir 1111111icipal. - Le Conseil municipal de Nouzon 40
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==