La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE n'y a\'ait plus qu'une unite noun.:lk au service de la Compagnie qui assurait le travail et par consequcnt le pain. Il est impossible de se figurer comment sont liées et confondues, dans cc pays, la commune et la Comp,lgnie. Presque toujours - c'est le cas à la Grand'Combe - la première n'est qu'une nouvelle force au service de la seconde. Le directeur est maire, les ingenicurs et géomètres sont conseillers municipaux. On comprend qu'une asscmblcc pareille soit plutôt prcoccupéc des intt'.:rêts des actionnaires que de ceux des contribuables. Les directeurs en sont arncncs ainsi à se croire les maîtres absolus de la citl'.:,qui s'est édifiée gdce à leur Compagnie, et qui n'existe que par clic. Ils en arriYcnt à ne Yoir en chaque homme qu'un salarié, en chaque citoyen qu'un serviteur; ils dénient à ces derniers le d1:oit de penser et d'avoir une opinion autre que la leur. Il y a six mois, la Compagnie, par une manœuvrc ridicule et Yexatoire, déchaînait une grcvc. Les ounicrs profitcrcnt de cc mouvement pour se constituer en syndicat. Bientôt la Compagnie rapportait la mesure qu'elle avait prise et les ouvriers reprenaient le travail, mais ils aYaient eu le temps de s'organiser pour les luttes futures et pour la rt'.:sistancc. li y a, disons-nous, six mois de cela; il y a quatre mois que la Compagnie a fait annoncer un renvoi de mille ou,-ricrs. C'est que le mouvement syndical l'a effrayée et qu'elle ,·eut briser l'association ouvrière. Voilà son but; il ressort clairement des faits! Si, en effet, malgré tout, la Compagnie voulait n:duirc son exploitation, comment dc,Tait-ellc opérer? L'équité lui ferait. un devoir de mettre à la retraite tous les ayant droit d'abord, de faire appel aux volontaires qui veulent quitter la Compagnie ensuite, et enfin, si cela n'était pas suffisant, de prendre parmi les ounicrs les derniers YCnus et de les congédier. Voilà cc que la justice lui commanderait. Est-cc ainsi qu'on proccdc à la Grand'Combe? A l'heure actuelle, 011 a affiche trois listes comprenant 520 ounicrs remerciés. Et voici qui figure sur ces listes : des vieux sur le point d'ayoir leur retraite et qui p..::rdent ainsi le bénéfice d'une Yic entière de travail; d'autres qui ont etc blessés au service de la Compagnie et qui ne pourront plus trouver aucune occupation nulle part; on y trouve tout cc qui pense, tout cc qui a une conscience d'homme, tous ceux qui ont secoué le joug patronal et qui \'Culent vine scion leur intelligence et leur raisoi1; en un mot, tous les militants du syndicat, qu'ils soient jeunes ou vieux. Yoilà où apparait le but de la Compagnie! Voici Yingt jours que les ouvriers de la Grand'Combe sont en gren:. ,\ l'encontre des gre,·cs ordinaires, celle-ci n'a pour cause ni nne demande d'augmentation de salaire ni une demande de réduction

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==