La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

622 LA REVUE SOCIALISTE produire une grande œuvre lyrique par collaboration. On ne fait pas une partition sur mesure; à tout le moins le compositeur doit avoir la direction du traYail et, servilement, doit être obéi de son poète; or, on le sait, le contraire arrive presque toujours. Dans les concours de l'Institut ou de la Ville de Paris, on commence par imposer tel livret primé aux concurrents quand, au contraire, on devrait leur demander et même exiger d'eux la production du texte comme celle de la musique. Que les compositeurs se défient un peu moins de leurs forces, qu'ils secouent hardiment le joug servile des faiseurs de vers de mirliton, qu'ils suivent l'exemple glorieux de \Vagner, de Berlioz, que de nos jours M. Gustave Charpentier ne craint pas de leur donner à nouYeau; et ils ne s'en trouveront pas mal. Bien au contraire. Je sais parfaitement que tel est l'intime désir de plusieurs et que, dans la pratique, c'est-à-dire pour arriver à la scène, on est obligé de passer par des marchandages honteux, de se placer sous l'égide de M. Un Tel ou Un Tel; n-rnis, quand les musiciens le Youdront, ils feront cesser cette prostitution de l'artiste qui est, comme l'autre, une condition de vie de la socicté actuelle. J .-G. PRon'Hom1E.

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