La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

CHRONIQUE THÉATRALE famille bourgeoise et a été accueilli par un pére plein de préjugés et non prévenu de la situation singulicrc qui Ya lui être ré\·éléc tardivement : car il faut bien dire la Yérité cette fois. Les auteurs se sont tirés d'affaire comme ils ont pu, en rendant le jeune amoureux intéressant, en mettant dans la bouche de sa mérc un tendre ·discours qui touche le père de la jeune fille, homme affectueusement bon, en dépit de ses idées étroites et bourgeoises, et cc dénouement ressemble à celui d'autres picccs conçues sur le même sujet. L'originalité de cette œuHe consiste uniquement en ceci, que la fille-mère reste une irrégulière de par sa propre Yolonté; puisque les auteurs adoptaient ce type, j'aurai voulu qu'ils le fissent avec plus de braYoure encore et que leur irn'·gulière portât dans la Yie son propre nom et pas celui d'un homme qu'elle fait passer faussement pour son mari; j'amais voulu qu'elle dit tout d'abord et bien haut: « Mon fils est un b;ttard; » j'aurais voulu qu'elle heurtât de front nos hypocrisies sociales au lieu de les tourner à l'aide d'une autre hypocrisie; j'aurais voulu, puisque les auteurs abordaient un grand sujet, qu'ils l'abordassent plus vaillamment et que leur héroïne fùt réellement l'héroïne de l'indépendance et de la franchise. Ils auraient donné un bon coup de pioche dans un des coins les plus· vermoulus _duvieil édifice branlant: ils se sont contentés d'une chiquenaude. GASTON STIEGLER.

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