La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

RE\'UE DE LA PRESSE ÉTRAXGÉRE 599 précisément identique :icelle du matérialisme, pour ceux du moins qui considèrent comme illusoire et mèmc erronée toute tcntatiYc d'explication métaphysique. Les deux se donnent la main. On peut ks rcnYoycr dos :i dos. Il y a pourtant cette différence : que l'idéalisme, dan~ le détail, se subdi,·isc et tombe finalement en poussière; que k matérialisme historique au contraire présente une remarquable unité. Il est tout au moins plus commode. « De telles hypothèses en cherchant à tout expliquer en fin de compte n'expliquent rien », conclut M. O. Thon. Sous le bénéfice des l'cmarqucs précédentes, on peut souscrire ù cette conclusion : il est trop clair qu'un systéme général de philosophie ne peut prétendn.: à débrouiller l'éche,·e.rn des mémoires et des biographies historiques. li suffit qu'il relie dans une formule intclligibk un certain nombre de faits saillants et dominateurs. Est-ce que les grandes lois physiquL's font autre chose? Pour surmonter les difficultés llu'offrc l'interprétation historique du détail des faits, un grossier matérialisme historil1uc n'offre aucune assistance sans doute. :-Jous en convenons a,·ec M. O. Thon. « Grossier» doit-être entendu, ajouterons-nous, dans le sens étymologique de « qui voit en gros,,. Or, ç'a toujours été Ll prétention, justifiée ou non, du matérialisme historique de dédaigner la poussiérc des «ana,,, de dégager, pour les considérer :i part, les grands faits économiques. A le prendre ainsi,« il ne faut pas nier que le matérialisme historit1ue, avec son monisme stéréotypé, sa sécheresse d'àmc, est plus capable • de supporter la critique que l'idéalisme avec son luxe de motifs psychologiques et de points de nie,,. La conclusion de J\1. O. Thon n'est pas en faveur de l'une des deux conceptions simplistes qu'il est d~ mode d'opposer l'une à l'autre. Chacune des deux lui semble insuffisante. Mettons quc nous englobions tous les systcmcs métapbysiq ucs dans un mèmc dédain, fort peu philosophique du reste. Supposons que toute explication Linivcrsclle nous répugne; que l'idéalisme nous apparaisse, à la honte de la raison humaine, comme le plus irrefutablc à la fois et le plus absurde des systcmcs; que le matérialisme nous semble pétri de conceptions idéalistes, tel l'atome pour ne parler ici que de lui. « A certains égards le matérialisme historique sera donc un retour à la ml'.:taphysiquc, en cc sens qu'il exige en principe d'explication de tous les faits une seule loi·d'oü tout découle. ,, Mais ce principe d'explication, malgré son vice rédhibitoire d'être métaphysique au premier chef, nous fournit au moins un moyen tel quel de débrouiller le chaos de l'histoire générale, de ce qu'on _appelle aujourd'hui l'histoire de la civilisation. Apres cela on pourra dire avec M. O. Thon : « Une philosophie de l'histoire exclusivement ou maté-

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