52 LA REVUE SOCIALISTE Lo(lemC11d!ses Classessalarices ( r8n), la mortalité est de ! I. 3 pour mille b . . . dans certaines maisons aisées, 38 pour mille dans certaines maisons pauYrcs et 50 pour mille dans d'autres maisons plus pa~1"'.·es. Un docnmrnt très important fourni par la Comm1ss1on sanitaire de Londres, en 18-1-3,etablit que la mort cnléYe durant la première année de la Yic, 1 enfant sur + chez les salariés, I enfant sur 6 chez les commerçants et les boutiquiers et I enfant seulement sur IO chez les gens bien nes (gentry) et· chez ceux qui exercent une profession libérale. Sur cent indiYidus qui meurent chez les salariés, artisans et leurs familles, 5-1. 5 ont été fauchés ayant d'avoir atteint l'âge de dix ans. Dans la classe des commerçants et des boutiquiers, la mortalité n'est plus que de 50.4 et elle tombe à 2-1-.7chez les gens tres riches. Plus concluants encore sont les faits rassemblés, il y a une Yingtainc d'années, par le docteur Charles Anscll jeune. Cc statisticien se chargea, en sa qualité d'actuaire de la Compagnie nationale d'assurance, de l'immense tâche d'obtenir des informations concernant non moins de 48,044 enfants des classes aisées en Angleterre et dans le Pays de Galles; ces enfants appartenaient à des familles de légistes, de medccins et de pasteurs, de la noblesse et de la gentry. Ses Stalistiq11esde Familles des classes supérieures et des prrfessio11s libérales (r87-1-) démontrent que, dans la première année de la vie, la mortalité est de 80.45 pour mille parmi les enfants des classes riches, 2 50 pour mille parmi les enfants pannes de Londres et 330 pour mille parmi les enfants pauvres d'autres Yillcs, alors que la mortalité moyenne de cet âge n'est que de I 50 pour mille pour tout le pays. Dans la seconde enfance, de 1 à 5 ans, Ansell prouYe que cette mortalité n'est encore que de 46.8-1- pour mille pour les enfants des classes riches, contre II 3. 69 pour la population totale. Sur cent mille naissances, les tables de C. Ansell nous le démontrent, il y a dans les classes riches 80,000 surYiYants à l'âge de 21 ans contre 65,750 dans la population totale du pays. De 20 à .J.O ans, il y a 12 5. 5 2 décès pour mille dans les classes riches contre LI+· r7 pour toute la population. Dans la période de_ 40 à 60 ans, la mortalité générale atteint 168.76 pour mille; elle n'est que de 147-7..J dans les classes riches. Il paraît qu'en r873, il est mort en Angleterre et dans le Pays de Galles 368, r79 personnes de moins de 60 ans. Ansell a calcule que si la mortalité de la population aénérale avait été aussi faible que celle des classes superieurcs, il ne ser:it mort que 226,040 personnes. De sorte que, en une seule annee, la pauvreté a détruit 142,139 existences.
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