LA REVUE SOCIALISTE japonais et un prolétariat chinois qui Youdront se fondre dans l'immense faisceau du prolétariat international, apporter des contingents nouveaux et nombreux à nos propres rcYendications. Peut-être sontiendrait-on, à juste titre, que ce moment est arrivé, et que les vices inséparables de l'organisation industrielle capitaliste éclatent déjà chez ces races en réveil. Après la Russie, après les principautés Balk,rniques, versées, en moins de trente ans, dans la tourmente contemporaine, voici que d'autres pays, avec d'immenses étendues et des populations très denses, nous offrent de merveilleux champs d'obsen·ation. Ils corroboreront, de toute évidence, les conclusions <lu socialisme. Avons-nous le droit de les négliger? li y a plus : par la concurrence même dont ces millions de producteurs menacent nos ateliers, par le préjudice qu'ils causeront, par les ruines qu'ils sèmeront infailliblement dans le Vieux Monde, ils \'Ont aggraver le problème de l'existence. Ils exaspéreront encore les conflits qui so'nt l'essence même de l'histoire de ce temps et que la lutte économique avive sans trêve. L'intrusion de la race jaune dans la concurrence exercera donc son influence sur les données de la question sociale, et sans doute l'acheminera vers une solution plus prompte, en accélérant l'évolution industrielle des Yieillcs nations. Ces simples considérations ne justifient-elles pas amplement l'étude, d'ailleurs succincte, que nous présentons ici aux lecteurs de la Revue Socialiste? I Les incidents de la guerre sino-japonaisc de 1894-1895, les foudroyants succès des armées du Soleil Levant, l'effondrement presque automatique de la puissance militaire chinoise, n'ont frappé en Europe que les ignorants. Il est vrai qu'ils ctaient myriade et que le Japon avait pu parache\'er sa résurrection sans que le public secouât un instant ~on indifférence. Ensevelie pendant des années dans le dédain universel, connue seulement pour ses arts délicats et ses paysages noyés de brumes, cette monarchie a fait soudain figure de grand État. Le jour où ses officiers curent, d'un seul élan, dispersé les flottes et les bataillons chinois, saisi les arsenaux du Petchili et dcrriere eux de larges bandes de territoire, les hommes d'État d'Europe daignèrent s'émouvoir. Ils comprirent qu'ils touchaient à une étape solennelle, à un tournant de l'histoire, et que l'Asie, comme l'Amérique au dernier siècle, recevait l'ébranlement définitif. Alors s'éyoqua à leurs yeux l'œu,·rc patiente du gouvernement du Japon, la méthodique transformation poursuivie depuis r868 (1). Ils se rappelèrent le (r) D.ne de l.t révolution qui rendit la toute-puissance au Mibdo et brisa la féodalité.
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