L'APOTRE SOCIAL Pour Yous chasser, je nis, à YOS faces vermeilles, Jeter du même coup le vin et les bouteilles. (For Geminus se lève avec effort et retombe assis une dernière fois, dans Li position précédente.) PASQUATIL, montrant For Gcminus et continuant Voilà votre ennemi qui sombre; il est vaincu. Riche, il marchait sur vous; pauHc, il a trop vécu Il est venu, railleur, me dire :i votre table Que, s'il faut y peiner, la terre est lamentable. Il préférc mourir et ne lt::gucra pas Même un nom aux enfants que vous voyez là-bas. Or, cc déchu, sur qui flotte une nuit de tombe, Est le représentant d'une race qui tombe. Ses pareils, rajeunis par la fraternité, Retrouveraient en clic une im'inortalité; Ils conduiraient la foule, a,·cc leur ancien glaive, Vers cet autre Orient où le progrès se lcvc; Non, ils préfércnt choir, Yains, plaintifs, envieux : Les races ont ainsi des fils qui naissent vieux. C'est bien. Vous, ouvriers, vos jeunes âmes franches Frémissent en Yoyant ces hommes ù mains blanches, Qu'on regarde d'en bas, tomber de leurs sommets Dans un cercle d'opprobre où Yous n'entrez jamais. Aussi, quand on vous dit qu'ayant des noms illustres, Ils sont plus prés de Dieu que vous ne l'êtes, rustres, Quand on vous dit qu'ils sont les meilleurs, on entend Dans l'ombre tout à coup, votre rire éclatant. Et vous avez raison! Quoi! plus près d'un Dieu juste Ceux qui faisaient plier, peuple, ton cou robuste? Ceux qui pendant mille ans ont pendu de leur main Autant de gueux qu'il est de branches au chemin? Les meilleurs ! ceux qui vont au foyer de famille Prendre le vote au père et l'honneur à la fille, Et qui, chacals vêtus de la peau des lions, Des travailleurs tremblants mangent ies millions? Non, et vous le savez! Vivants sous vos suaires, Guettant le maître au fond de vos nuits mortuaires, Vous attendez le jour entrevu vaguement Des résurrections et de l'écrasement. Eh bien, vous avez tort! 549
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==