La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

54-1- LA REVUE SOCIALISTE PASQUATIL Donc cc YieillarJ, dcYant qui je t'assigne, Comprit qu'on restait grand tant que l'on restait digne. Or, qu'as-tu fait depuis, désespéré Yi\'cur? Les désirs sans repos, les loisirs sans saYcur Ont fatigué ton :'tmc et Yieilli ta jeunesse. Sur ta Yic il n'est plus de sourire qui naisse, Et tu cours, poursuinnt derriére le Plaisir Un pan de manteau d'or que tu ne peux s;1isir. Hélas! Jadis les preux, tous plus hauts qm: nature, Tous redresseurs de torts, allaient à l'ayenture. Fiers, muets, effrayants, ils promenaient l'éclair Du heaume où brille l'œil, du poing où luit le fer! Ils aYaient un principe inflexible, le juste, Un culte saint, l'amour. Dans leur marche robuste, Espoir de cc qui souffre, effroi de cc qui nuit, Grandis sur leur coursier Yagucment par la nuit, lis faisaient, sans connaitre une œm·rc oü l'on recule, Du bien comme Jésus, des travaux comme Hercule. Ils étaient l'éléinent pur de leur temps impur; Et l'on sentait que lorsqu'ils levaient Yers l'azur La face de leur casque aux plumes remuées, Ils conversaient avec quelqu'un dans les nuées. Sais-tu cc qu'ils ont fait, ces preux parfois sanglants? Jamais cruels, toujours pieux, jamais tremblants, Ils ont, le long d'un âge où l'homme fut immonde, Gardé la poésie et la Yertu du monde. Le Destin met ainsi des clartés aux noirceurs, Et jetant dans nos rangs ses secrets défcnseu rs, Voulant que l'absolu soit ôté des désastres, Dans les plus sombres nuits sème ses plus beaux astres! FOR GDIINUS Hé! mon cher, moins de geste et ferme ton poumon. Ton éloquence enfin tourne trop au sermon! PASQUATIL , ]3;1h! je te dirai tout, baron, ne t'en déplaise. Je suis ici Yenu pom· ton bien.

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