LA REVUE SOCIALISTE Dénuée de capit:1I privé, en face de nous se dresserait b Banque. Elle n':1urait guère besoin d'un capit:1I quelconque. Le privilège de l'émission qui lui resterait suffirait amplement à la faire viHc comme sa dc\'ancicrc dcpouilléc de son 1~1onopole. .\ la rigueur, e, si l'on tenait à lui donner un capit:1I, il serait aisé de faire appel ou aux fonds des caisses d'épargne, ou aux fonds de Ll dette flottante, ou .1ux fonds de b caisse des dépôts et consignations. L'actuelle Ru1que de [rance a bien grossi, au début, son capital p,tr l'adjonction de\ cwtionncmcnts des receveurs généraux des départements (r). :\L1is quelle diffcrencc séparerait cette Banque de l'autre? Comme nom ctions amencs :'t conclure que la prcscnce du capital-actions était le princip.1I obstacle au progn'.:s, - il \'a s'en sui\'re que sa disparition enlc\·era .'t la Banque non-seulement son actuel caractère juridique, mais jusqu':'t l\ispect lînancier qu'elle posscde. Elle sera une Banque d'État. \'oil.\ le grand mot ccrit. Que d'anathcmcs contre cette conception, que de légendes formccs par les habiles et crues par les ignorants! On ne peut faire allusion à cette théorie de la Banque d'État s:1ns aYoir l'air Lk tr,1ccr le table:1u de quelque établissement de crcdit, liwc sans contrôle :'t l'arbitraire du pouvoir, dont la caisse sera ouverte pour tous les emprunts, - dont les opcrations seront fournies p:1r le jeu de Li politique. Une Banque d'État, soumise à l'autocratie d'un pom·oir despotique, serait certes exposée, loin de tout contrôle de la nation, aux. rcclamations im péricuses d'un maitre absolu. Peut-on prétendre qu'il en serait ainsi en rcgimc de démocr:1tie ou même de discussion libre? Est-il si difficile d'organiser le contrôle, de limiter le~ pou rnirs, de préciser les :1ttributions ? La caisse des dépôts et consignations n'est-clic pas sous la dépendance du ministre des finances? ,\-t-on jamais redouté de sa part une intrusion équivoque? Mai~ l'imlépendancc de la Banque serait morte? Qu'on ne nous parle pa~ de l'indépendance des banques pri\'écs ! Leur histoire ne se p1.:ut poursuine sans qu'on ne sui\·e parallèlement l'histoire financière des 1·~tab. C'est à clics qu'on emprunte, c'est clics qui font les :1vanccs - et chaque renouYcllcmcnt du priYilcge est l'occasion de quelque trans,iction. En retour, l'État prend toutes les mesures dont clics ont besoin pour se déYclopper - et cela bien sounnt au détriment des ci toyc:ns et au mépris des principes. J\lais ;\ quoi bon tout boulcycrscr? Que fera la Banque d'État qui :,era plu:, profitable ù la nation? C'est ici qu'app:1raît toute la supériorité pratique de la Banque d'État. Elle est créée, non pas pour perce\OÎr des bénéfices, ni pour ycrscr d'cxagcrés diYidendes,- mais (1J lbpport ,ks régents de Ll B.111qucde France aux ,1ctionnaircs assemblés le 23 plu,iosc. an \'li!, a l'Oratoire . •
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