LE PROHLtME DE LA SA~TE Pendant que ks riches gaspillrnt dans k luxe et Li débauche l'usufruit du patrimoine commun de l'Humanité, pn'.:sd'un foyer éteint et d'un buffet vide le tra\'ailkur succombe, fauché par la faim. Le bicn-ètrc consen·e Ll ,·ie, la misèn: détenninc la mort. Ce n'est pas nous, socialistes, qui proclamons cette vérité - grosse de conséquences réYolutionnaires, - cc sont les sa\'ants bourge9is les plus conscr\'ateurs des pri\'iléges capitalistes. << A aucune époque de la \'ic, dit le docteur \ïllermé, mais surtout Jans l'enfance et dans la \'ieillesse, le riche ne meurt autant que le paune ... La santé des pauùcs est toujours précaire, leur taille moins dé\'eloppée et leur mort.dite cxccssi\'e en comparaison du dé,·eloppement du corps, de la santé ..:t Je Li mortalité des gens mieux traités de la fortune. En d'autres termes, 1',1isance, la nchesse, c\:st-:1dire les circonstances Jans lesquelles clics pbcent ceux qui en joui~sent, sont \'eritablcment les premicres de toutes les conditions hygiénitl[Ies. » \'illcrme s'est liné ;i une L:tude approfondie des milieux soci.1ux. Son témoignage est d'une haute importance. « Eugcne Buret, dans un beau line de la 1'1isèrc des i"l11sscs fa{,,,. rit11srs Cil A11glcterrc l e11 Frn11ce, arri,·e aux même5 conclu~ions que \'illcrmé, dit L. Bertrand. Buret a compulsé a,-ec fruit les enquètes faites en Angkterre sur la situation des classes pau\'rcs. Bien plus, il a Yisité ks quartiers habités par les serfs de l'industrie, il a questionné ces malheureux, et partout, sur une des l]Uestions dont nous nous occupons en cc moment, l'c,trèmc mortalité des classes pauvres en regard :i celle dl's riches, il a reçu la m0me reponsc ! « La durée moyenne de b \'ie est, :i ;\Llnchester (d'apr(s le docteur Lee), de 38 annees pour la cbs~c aisee et de Iï années seulement pour b classe ounièrc, constatait Chamberl.iine, en I8ï5 .. \ Liverpool, clic e5t de 35 années pour la première et de 15 pour la seconde. Il s'ensuit que la cla~se privilègiée tient une assignation sur la Yic de plus de deux fois la \'alcur de celle gui échoit aux citoyens moins favorises. )) Le docteur Drysdalc fait obser\'er qu'en France, les personnes :igées de 40 ù -1-5 ans meurent à raison de 8. 3 pour mille d,111s les classes aisees et de 18.j pour mille dans les classes pauHes. ,\ cet fige, il meurt donc à peu près deux fois et demie autant de p,lll\Tcs que de riches . •\ P.1ris, dit Charles Gide, la mortalité annuelle est de 2.85.'; 0 dans les classes paunes et de I. 58 ¼ seulement dans les classes riches ou aisées; cc qui revient à dire que, dans la \ïllc-Lumièrc, la durée moyenne de la vie du pau\'l'c est de 35 ans, alors que celle du riche est de 6.~ ans. Dans les localitès où l'opulence et la misère habitent des quartiers
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