La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

RE~OC\'ELLD!E~T DU PRl\'ILEGE DE LA BA~QUE DE FRA~CE 533 site de bisst:r son ancien caractcrc :i la Banque de France n'ont-ils pas le deYoir, puisqu'ils donnent :i cet établisst:mcnt de crédit une tdle puissance, J 't:xiger pl us? Que deYient le petit commerce et q uc dL·\·icnt l'agriculture a\'CC cc projt:t? Pour le petit commerce - aucune concession nouYdlc. On a rcjctc :i l:t commission la reforme tendant ù abaisser :i deux le nombre des signatures requises pour l'acces au guichet du papier commercial. Cc qui est obligatoire en Angleterre, cc qui c~t facultatif au moins, en Allemagne, en Belgique, en Autrichc-Hongrit:, ne peut, parait-il s'acclimater en Franct:. AYCC la puissance d'information dont pent disposer la Banque, par le nombn.: de ses succursales, clic ne Yeut pas accepkr k papier :i deux signatures, quand il lui serait si ai~c de tTcherchn la soh-:1bilité des signataires. Le petit commerce continuera donc :i payer l'escompte au chiffre ofl1cicl de 2 °/o, 1~ prix de la troisiéme signature, t:n tout et au minimum, -J. 0 / 0 ! Et l'agriwlturt:? >fous espcrons qu',1prés cette dcrnicrc expérience on nous ft.:ra gr.ice des décbmations champêtres! La démocratie paysanne est trahic par le gouvernement. Que fait la Banque pour l'agriculture? Elle \·erse une reJcYancc aqnuclle de prés de -~ millions. Jointes :t un t:mprunt qu'on se rcscrYc <le faire :i la Banque u l]Ui sera de -J.Omillions - ces sommes iront dormir dans une caisse et quand ~ clics seront assez importantes - on les en fer:i sortir pour constituer aYcc ccttt: mince a\'ancc le crédit agricole. Apres combien de temps? On se k demande. Et pendant ces longues années qui organisera le crédit agricole? On connait le mot spirituel et malheureusement wai d'un ministre belge qui disait du haut de l:i tribune : « L'histoire du crcdit agricole en France peut tenir dans un Yœu émis en 18-1-1p-ar le Parlement français : Il y a lieu d'organiser le c1ùlit agricole. Depuis on n'a pas rcalisc cc Yœu. » Depuis - en 1892 - la Chambre a bien YOtc une loi organisatrice des syndicats agricoles. Mais M~!. DeYclle et J\leline 'ont négligé de nous faire connaitre les rcsultats de leur œune - resultats que les partisans de la loi de 1892 s'accordent :t trou\·cr sans importance. Et c'est tout! Le projet <lu gom·erncment ne contient pas une ligne fayorable :i l'agriculture. Il ne réclame pas de la Banque l'ouYerture d'un guichet agricole où le crédit serait dispense - comme il co1wient - i l'agriculture, qui ne peut offrir au prêteur que des gages différents de ceux que posscdcnt les commerçants et qui a besoin de dclais plus longs pour les cchl'.:anccs. Pcnsc-t-on, en dehors de la Banque de France, à édifier une Banque agricole indépendante? On ne k sait. Le gouvernement, qui a fourni ses explications à la commission, n'a voulu prendre sur cc point aucun engagement. Il est Hai que, s'il a etc muet deYant la commission, le gouvcr-

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