La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

L'EYOLUTIO~ DU SERVICE DOMESTIQUE On commence ;\ souffrir Je cette lacune et en tous pays se fondent des écoles ménagc.':res, oü les femmes de toutes les cl::isscs peuvent apprendre à faire la cuisine et à diriger un ménage. En Belgique, M. de Bruyn, ministre de l'industrie, prit lui-même l'initiative de soumettre au roi le projet de créer des cours de ménage dans toutes les écoles publiques du royaume. Il y a neuf ans de cela et ces cours ont déjà donné de bons résultats. En Autriche, même tentative fut faite par MmeOttilie Bondy. Aux écoles ménagères fondées dans plusieurs grandes Yilles sont attachés des restaurants et c'est en préparant les repas des clients, sous la surveillance d'une personne experte, que se fait gratuitement l'apprentissage des élèves, capables de deYcnir ensuite de bonnes domestiques. Mais ce ne sont pas seulement les employées qui ont à apprendre tout ce qui se rapporte à la préparation des mets et à la tenue d'un ménage. On ne peut se représenter combien l'esprit routinier et l'ignorance des maitresses de maison en ces matières - ignorance des propriétés chimiques des aliments, de l'hygiène culinaire - laissent libre carriére aux fraudes de commerçants sans scrupules, nuisent à la santé générale et rétrécissent l'horizon de la famille. Il résulte donc de cette inintelligence de l'employée et de l'employeuse dont le développement n'a pas marché de pair avec la tr,1nsformation des conditions cconomiqucs et sociales un manque complet d'harmonie dans leurs rapports réciproques. Elles ignorent leurs devoirs mutuels. Quant à leurs droits, ils ne sont pas mieux établis, mais à l'ordinaire au prcjudice de la première qui n'a, comme je l'ai déjà dit, que l'arme des faibles : la ruse. Les griefs relevés contre elle forment un sujet de conYersation sans cesse repris et Ctprement traité. Ces griefs portent en général sur l'inexpérience de l'employée, son indiffcrence, voire même son hostilité, son insolence, sa négligence, la légèreté de son caractLJc, sans compter d'autres défau.ts plus rares. Toutes ces accusations sont souvent parfaitement motiv6es. Reprenons-les. L'inexpérience provient du manque de préparation aux occup:1tions acceptées par une très jeune personne que l'on paie fort peu de ce fait, et qui sort ù l'ordinaire d'un milieu oü le confort le plus él6mentaire fait défaut. Quant à la négligence, l'indifférence, l'hostilité même, elles sont le résultat de l'état général des esprits panni les exploités qui prennent lentement conscience d'eux-mêmes et se montrent chaque jour moins disposés à être dupes en une fidelité qui ne leur assure plus d'avenir. Les êtres d'ailleurs qui' ne disposent pas librement de leur personne, que l'on épuise de travail et pour lesquels la plus mauvaise pièce de la maison est toujours assez bonne, ne peuvent avoir de leur dcYoir que

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