L'EVOLUTION DU SERVICE DOMESTIQUE serYice domestique contre les exigences de leur employeur par la raison que personne ne prend en main leurs intérèts et qu'elles ne peuvent ni ne saYcnt, comme femmes, les défendre autrement qu'en une lutte de sourde haine contre leurs maitresses. Il existe bien, il est vrai, des associations dirigces par des femmes charitables, qui placent les servantes et les suivent anè'.c une prcYoyance bornce souvent, mais sincère. Telle est l'œuvrc de l'A111iede la je1,11e fille et celles de diverses comrnunautès religieuses. Elles dcwaicnt faire place à une œu,TC sociale d'une plus large envergure, qui syndiquerait les servantes, leur infuserait le sentiment de leurs droits, de leur dignité, de leurs respons:ibilités et opérerait la transformation radicale du travail scrYile en un traYail intelligent. En Angleterre, cette œuvrc soci:ilc est déjà commencée; des féministes socialistes ou du moins pénétrées des principes socialistes cherchent à grouper les scn·antcs en des syndicats qui se rattachent :'t la Ligue des Trades U11io1f1és111i11i11cs ( 1) fondec pa,: Mme Pattcrson en 1874 et dont lady Dilke est maintenant la pn'.:sidcntc avec tout un état-major de femmes énergiques, ounièrcs de divers métiers, bourgeoises et nobles, qui s'efforcent de grouper les tr~vaillcuscs lorsqu'elles ne peuvent entrer dans les syndicats masculins, ce gui est toujours préférable. Les ouvriers eux-mêmes commencent à comprendre toute l'importance de cette union. Un autre fait :'t signaler en Angleterre est la formation du Syndicat des do111esliquedse Lo11dreset de la provi11ce qui a pour organe la Do111cslic Serva11!s'Gaz.elle. Le premier numéro, publié en 1893, nous apprend que l'association fut formée à Londres en juillet 1891 par un petit nombre de domestiques convaincus de la nécessité de se syndiquer entre eux: 1° Pour protéger les certificats des serviteurs contre d'injustes cm ployeurs; 2° Pour limiter les heures de travail, surtout en cc qui regarde les jeunes domestiques au-dessous de dix-huit ans et pour obtenir un temps de récréation nécessaire en plein air, le dimanche particulièrement; 3° Pour rendre les employeurs responsables des accidents non causés par la négligence des domestiques, tels qu'explosions de chaudicres, nettoyages de fenêtres, accidents cle Yoiturcs, etc.; 4° Pour foncier des bureaux de placement et des '10111es de Jom-:stiques. (r) Je ne puis trop remercier Mis~ Gertrude Tuckwell, la secr~tairc dè la Ligue, pour son inépuisable complaisance. Elle dirige la Revue de la Ligue, revue traitant des intérêts des membres de l'Union et fort bien rédigée.
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