La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

490 LAREVUESOCIALISTE CHRONIQUE THÉATRALE T11EATREDE L'ŒuYRE : A ln Vie et à la 1Uort, drame en cinq actes, de M. PIERREDrnrs. THEATREou GYMNASE: La Carrière, comédie en c111qactes, de \1. /\BEL HER~!ANT. THEATREDE L'ÜDEO:--: Dix ans après, un acte de l\lM. PIERREVEBER d LUCIENMUHLfELD; Trois Cœurs, un acte de .M. GABRIEL MOUREY. Encore une déception ! J'allais l'autre jour à l'Œuvre plein d'espoir. Enfin nous allions donc, par A la Vie et iÎ la 1\1orl, connaître Boulanger et savoir cc qu'il avait voulu! M. Pierre Denis, qui fut le confident, le conseiller intime, !'Éminence grise du géneral, s'ctant produit lui-même sur la scène dans sa propre piéce, avait evidemmcnt pour but de mettre à nu !'.\me de son ami et de nous y faire voir enfin conceptions, desseins, visces politiques, projets de transformations sociales, en un mot tout cc qui compose ou doit composer le bagage d'un chef de parti. Quelle joie! on courait à la représentation en se disant : Nous connùmes il y a quelques années un homme singulier qui ne fit jamais preuve d'aucune espèce de mérite transcendant, qui ne rendit aucun service à sa patrie, qui ne jouissait d'aucun prestige et qui soudain, par une sorte de génération spontanée, fit son nom familier à toutes les oreilles, fut acclame, devint populaire, essaya de renverser le gouvernement, eut assez de force pour paraître sur le point de reussir, et pourtant nul n'a pu dire cc que rêvait cet apprenti Cesar, ni cc qu'il aurait fait vainqueur, ni même s'il existait en son cerveau quelque vague ébauche, quelque trace confuse d'un programme à réaliser un jour lorsqu'il serait maitre du pouvoir. Ce mystère, que nul n'avait pu percer, le motif de cet amour soudain du Français pour un homme, M. Pierre Denis, bien renseigne, allait nous le révéler. On se pressa avidement à l'Œuvre.

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