488 LA REVUE SOCIALISTE « poings liés;\ l'employeur, obligé: d'accepter ses conditions, alors oui! << vous parlez des vérités naturelles et des principes éternels, de la « liberté du traYail, de la loi dç l'offre et de la demande, parce que la << rcglcmentation que nous voulons serait fayorablc aux ouvriers. » A Madagascar, au contraire, on ne peut compter sur l'offre abondante des bras pour contraindre l'ouvrier, alors on intervient pour faire cc que le milieu économique n'a pas encore fait: on impose au travailleur l'entente obligatoire anc le patron et la soumission aux conditions du patron, sous peine (le liYret n'étant point en régie ;\ la fin du mois) d'être puni comme vagabond. La séance du 27 mars marque la reprise du drame parlementaire et financier connu sous le nom de Panama, dont nous parlions au début de cet article. C'est dans cette séance que la leYée de l'immunité parlementaire a été demandée pour trois députés et pour un sénateur. Nous ne suivrons pas le dédale des multiples intrigues et des débats un peu confus qui se sont engagés ; mais nous devons signaler le fait capital, le Yigoureux discours prononcé par Rouanet dans la séance du 29 mars 1897, afin d'obtenir de la Chambre d'abord la publication à l'Ojjiciel du Yolumineux rapport "\'allé contenant le résumé des travaux de la commission d'enquête de 1892 et enfin la nomination d'une nouvelle commission d'enquête reprenant, aYecune entiere liberté, l'œuYre commencée en 1892. Le gouYerncment accepte la publication du rapport Vallé; mais craignant la lumierc, il veut empêcher la nomination immédiate de cette commission et fait voter par la Chambre à deux voix seulement de majorité le renYoi de cette élection apres la clôture de l'instruction judiciaire en cours. Une motion additionnelle est votée fixant un délai maximum de trois mois pour cette nomination. Que sortira-il de cette crise grave nouYcllcmcnt ouYerte? Connaîtrons-nous enfin la vérité? Cc qui nous semble bien certain, c'est que le parti socialiste apparaîtra intact et plus viYant que jamais aprcs cette grande lessiYe politique. Au contraire ses adversaires en seront diminués; toutes _lesgrandes forces conservatrices faussées et démasquées auront livré à la curiosité publique leur secret bafoué maintenant de tous. Le Panama aura défloré les illusions et les naïvetés, révolté bien des esprits, endurci certaines âmes pour la lutte sans merci : comme toute putréfaction, il aura engendré la vie, une vie nouvelle ! La Révolution avait besoin pour devenir possible et de l'ascétisme révolutionnaire d'un Blanqui et du concours de ces grands pillards destructeurs du présent, les plus :ictifs des révolutionnaires malgré eux. Les corruptions et les abus de tous genres sont nombreux dans notre société épuisée. Entre tous, les abus de l'instruction soulcvent les plus vives protestations: Depuis qu'on les signale, nos parlements et nos ministres n'ont pas su encore imposer à leur lâcheté morale la
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