LA QUESTION SOCIALE DE\'A:-.IT LES CORPS ÉLUS -187 connait la cause des maitres-n'.:pétiteurs; mais l'ordre du jour approuYant la conduite du ministére a été voté par 316 rnix contn.: • 229. Remarquons cependant la tres forte minorité réunie contre le ministere. Comme tout se tient, il est impossible ou difficile de faire pré\"aloir des tendances rbctionn:iires dans l'admini~tration intérieurl.' du pays sans diriger en même temps toute la politique extérieure et coloniale dans le sens de l'hypocrite compression des faibles. C'est cc que l'événement a prouvé dans la séance du 23 mars consacrée à l'empnmt ~le Madagascar. M. Doumergue, le distingué député radical du Gard, a critiqué avec raison le chiffre de l'emprunt trop éleYé (30 mil.lions) pour rembourser b dette de i\ladagascar (r 3 millions 500 mille (r:incs) et sub\·enir aux depcnsl.'s urgentes. On :i cru comprendre ,l'apres les paroles du ministre des colonies que le complément de cette somme pourr:iit servir à certaines dépenses un peu mysterieuses, telles que pour le paiement d'indcmnites réclamées par diYers comnh:rça11ts ou proprietaircs en fayeur de qui l'expedition fut entreprise. Un de ces colons réclame à lui seul 35 millions d'indcmnite. AYouons que ces ingr:1ts ont hon appétit. Par contre, comment traitc-t-on les i11digéncs om-ricrs ou employés? C'est cc que Gabriel Deville a demandé au ministre des colonies. Le député du -+" arrondissement :i cité, en l'accompagnant de réflexions trés Yives, l'arrêté pris à cet égard par le général Galiéni, lequel exige de chaque indigéne une carte d'identité, acco1npagnee autant que possible d'une photogr:iphie. (Le gén.'.:ral Galiéni prévoit l'existence de photographes ambulants gouvernementaux chargés de fixer à la hàte les figures mauricaudes qu'ils rencontreront.) Mais le reste n'est plus comme ceci du domaine de l'innocent yaudcville: « car tout individu s':ibsentant de son traYail pendant plus de cinq « jours sera déferé aux tribunaux compétents.» - La carte d'identit.'.: ou livret individuel devra être Yiséc chaque mois. Les ouvriers et cmployes, dont le livret individticl ne sera. pas en reglc, seront considen'.:s cori1111e vagabonds et passibles d'une peine de trois ù six mois de prison;. à l'expiration de leur peine, ils seront classés d'office dans une cat.'.:gorie de traYailleurs employés sur les chantiers de l'État pendant un temps dont la durée sera triple de cette peine. Voilà un esclavage à peine dissimulé; Deville demande justement ce que deviennent les principes naturels, les vérités sacrées de l'economic politiq uc, le libre jeu de l'offre et de la demande, la liberté du travail et le contrat libre! MM. les cconomistes ne semblent pas s'en préoccuper beaucoup à Mad,1g:1scar, tandis qu'en Europe et en France on se sert de ce!>principes contre les • revendications ouvrières et la protection du travail. « Sous des contra- « dictions apparentes, ce que !?on poursuit partout, c'est la libcrte de « l'exploitation. Lorsque dans un pays comme la France, par le simple « jeu du milieu économique, l'ouvrier est livre, peut-on dire, pieds et
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